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lundi 7 juin 2021

L'Anomalie, roman d'Hervé Le Tellier

 Prix Goncourt 2021.
 
J'y ai enfin eu accès à la médiathèque et je viens de le finir.
Mon avis est  partagé. L'ouvrage est brillantissime, d'une construction complexe, très riche culturellement, presque encyclopédique. On a des galeries de personnages nombreux et bien décrits, avec leurs vies, leurs amours qui se font et se défont, leurs enfants. Rien ne manque, pas même les réflexions philosophiques et les références à l'actualité, ponctuées de "punchlines".
La documentation dans tous les domaines est énorme. Bon, j'ai relevé deux petites erreurs : des albatros en Normandie et la confusion entre Bouddhisme et Hindouïsme). 
Alors pourquoi n'ai-je pas accroché plus que ça ?
Peut-être parce que le travail monumental est trop visible. Cela force l'admiration mais c'est l'exercice de style d'un mathématicien qu'on voit avant tout (l'auteur est Oulipien, dans la veine de Raymond Queneau). Or, la suprême élégance est que le travail soit invisible dans le résultat final.
En conclusion, je l'ai lu avec plaisir même si j'ai parfois dû m'accrocher pour me souvenir des nombreux personnages, (faut avoir les neurones au top !), mais je n'en garderai pas une impression mémorable.

jeudi 6 novembre 2014

Recueil de nouvelles aujourd'hui en librairie

Le recueil Six hommes sans histoire(s). Une photo, 26 destinées, imaginé et publié par les éditions La Gidouille, est disponible à partir d'aujourd'hui en librairie.
A partir d'une photo intrigante, il s'agissait d'imaginer une histoire. Celle que j'ai proposée fait partie des 26 sélectionnées.




Cela s'est passé bizarrement. Le décor m'a fait penser à Shangaï où je suis allée. Il me faut des lieux connus, j'ai du mal à imaginer. J'ai commencé à chercher sur Internet (merci Wikipédia), ce fut un vrai voyage tout une après-midi, qui de la concession française m'a emmenée chez les écrivains, puis à la guerre sino-japonaise, à Staline, etc. De là, j'ai découvert la vie et surtout la mort d'Albert Londres, disparu mystérieusement avec un scoop en poche, mort suivie quelques temps après de ses amis dont j'ai transformé le nom mais on le trouve facilement en fouillant un peu sur la toile : Lang-Willard. Je suis tombée sur des articles de presse numérisés par la BnF, sur le site d'un bijoutier ayant authentifié une bague ayant appartenu à Mme Lang-Willard, etc. Un vrai roman feuilleton ! Ne restait plus qu'à mettre tout cela en forme et à y introduire la photo. 

L'éditeur : http://lagidouille.fr/

jeudi 15 novembre 2012

Nouvelle : la scène du puits de Lascaux



Nouvelle écrite sur le thème imposé du rêve en 2012 par le salon du livre de Riantec et qui n'a rien gagné, mais l'important est d'avoir eu du plaisir à l'écrire. Comme dit le sage, ce qui compte est d'être en chemin, pas d'arriver au but.

***

Le sanctuaire des rêves ou le mystère de la "scène du puits"

 "Les travaux et les jours nous étaient offerts, nous avons choisi les travaux." Ralph Waldo Emerson.

 
Nous vivions là depuis plusieurs générations. Après de longues errances, nos ancêtres avaient enfin trouvé le lieu idéal et s’y étaient établis. La rivière encaissée nous prodiguait l’eau pure à volonté et dès que fondait la glace, les poissons abondaient. Les hautes falaises étaient creusées de nombreux abris naturels bien situés. Dans la forêt touffue nous ramassions le bois pour nous chauffer et cuire les aliments rapportés de nos cueillettes et de nos chasses.
À flanc de falaise, les parois de pierre de la grotte souterraine étaient devenues notre livre de mémoire. C’était là que nous inscrivions notre savoir du monde : la vie et la mort, la naissance, l’enfance, la vieillesse. Les juments gravides annonçaient le printemps, nous l’avions appris au fil du temps. C’est pourquoi nos artistes ont peint, en suivant les cycles des saisons, comme une grande horloge cosmique, les chevaux du printemps, les cerfs de l’automne puis les aurochs de l’hiver. Ils dessinaient sur les parois les animaux sacrés, les esprits de la Terre. Les femmes elles aussi étaient sacrées, car elles donnaient la vie, insufflée en elles par les esprits, perpétuant ainsi notre nouvelle race d’Hommes.
Moi qui vous parle du temps où je vivais sur cette terre dans la force de ma jeunesse, j’avais la mission sacrée de chasser le Renne quand la nourriture venait à manquer. Vos sorciers, les archéologues, ne cessent d’interroger cette peinture qu’ils ont trouvée dans le puits, au fond de notre sanctuaire. Il est temps que je vous apprenne ce qui s’est passé cette nuit-là. Quand je dis « je vous parle », ce n’est pas la vérité, je vous transmets ma pensée que vous traduisez, sans vous en rendre compte, par vos propres mots, dans un rêve éveillé.

C’était l’hiver, on ne pouvait plus pêcher dans la rivière gelée, les petits animaux de la forêt avaient disparu, nos enfants avaient faim. Notre grand Sage, celui que vous nommez Shaman, avait étudié la lune et les présages, le moment était venu. Selon la coutume, je me suis retiré pendant sept jours et sept nuits dans l’abri isolé loin du village, pour communier avec l’esprit de mon animal-totem, celui qui allait m’habiter, m’insuffler son courage et son énergie virile. J’avais fabriqué mes javelots et mes pointes de sagaies. Le Shaman était la seule personne qui avait le droit de me visiter, il avait béni mes armes selon le rituel et m’avait donné à boire la décoction de plantes qui fait venir le Grand Esprit.
Cette nuit-là, j’ai eu une vision de mort qui m’a glacé les os. J’ai d’abord vu le bâton surmonté du Grand Tétra, emblème de notre Shaman. Puis est apparu mon animal-esprit, le Bison, transpercé de haut en bas par un javelot. De son ventre béant pendaient ses entrailles comme un sexe monstrueux ; le bison blessé ne me regardait plus, mais tournait la tête, et fixait, étonné, la masse gluante qui coulait de son ventre, comme viennent les petits au monde. Puis le masque du Grand Tétra a recouvert ma tête, je suis devenu l’oiseau et me suis senti aspiré vers le ciel, mon corps devenant léger et fin comme une de ses plumes. Mon sexe était dressé, dirigé vers le Bison, comme si c’était la pointe de mon javelot.
Mon rêve était-il un mauvais présage ? J’étais inquiet car je devais partir le lendemain, seul, dans la forêt profonde. Le Shaman avait le pouvoir d’interpréter mon rêve. Il fallait que je le voie. Lors de sa visite quotidienne, je lui ai décrit ma vision de la nuit. Il a consulté les oracles et donné la réponse :
« Sois sans crainte. L’esprit du Bison t’a choisi pour t’avertir, et transmettre la connaissance à tous ceux de notre race, les Hommes. Le cycle de la vie est sacré. Le Renne est là pour nourrir les Hommes et permettre aux femmes d’enfanter de générations en générations. Mais il n’appartient pas aux Hommes de détruire la vie hors de cette nécessité sous peine de grands malheurs. Tu vas partir en chasse pour le bien de notre tribu mais tu dois faire bien attention. Tu ne dois tuer qu’un grand mâle adulte ayant déjà procréé, tu le reconnaîtras à la hauteur de ses bois. Surtout, laisse la vie sauve aux femelles, elles vont mettre bas au printemps. À cette condition, ta vie sera préservée et il en sera de même maintenant et à jamais : l’Homme, comme les autres animaux, ne doit prélever chez notre mère la Nature, que le strict nécessaire à la perpétuation de notre espèce. L’oracle dit aussi que ce message doit être transmis aux générations futures et pour cela doit être inscrit dans un endroit secret et protégé. Nous devons aller inscrire ton rêve sur la paroi du puits, au fond de notre sanctuaire, pour le futur de l’Humanité. »
Alors, nous avons pris nos lampes à graisse, (je n’ai pas oublié la plus belle, celle que j’ai taillée dans un œuf de grès rose trouvé au bord de la rivière), et nous sommes partis dans la grotte aux peintures. Après avoir traversé la grande salle où sont peints les taureaux, nous avons suivi le passage jusqu’au puits, le lieu de nos secrets les mieux gardés. Dans la chaleur de l’été, on ne peut y rester, vous dites que c’est à cause du gaz qui s'en dégage. Heureusement, c’était l’hiver, et même si nos lampes devaient être rallumées souvent, et si nous devions régulièrement grimper notre échelle de corde végétale pour respirer en haut du puits, nous avons eu le temps d’inscrire mon rêve sur la paroi.
Nous avons préparé les pigments dilués dans l’eau. J’ai laissé à notre grand Sage, comme c’est l’usage, le travail au pinceau. Il a d’abord peint son emblème, le bâton au Grand Tétra, puis la tête et les entrailles pendantes du Bison, le haut de mon corps de rêveur, le masque d’oiseau posé sur les épaules. Pour vous aider, vous des siècles futurs, à lire la Scène du puits, il a tracé des flèches à suivre du regard : la lance qui traverse le Bison de la droite vers le bas, une sagaie en bas montre l’oiseau, puis l’envol du rêveur, pointé par ses bras formant une flèche montrant le haut du puits.
Puis ce fut à mon tour. J’ai empli ma bouche de pigments dilués, puis je les ai projetés doucement pour former la crinière et les pattes du Bison. J’ai terminé par deux longs traits figurant les jambes du rêveur homme-oiseau, deux traits en pointes de sagaie pour les pieds dirigés vers le Bison et un trait identique et parallèle pour le sexe, force virile du chasseur. C’est ainsi que les hommes rêvent. Je n’ai pas oublié de déposer une sagaie et ma lampe rose au fond du puits, en même temps que mon rêve. À la chasse le lendemain, le Grand Esprit serait avec moi.

Cela s’est passé il y a bientôt vingt mille ans. D’où je suis aujourd’hui, je vous vois, vous les sorciers du monde moderne, vous perdre en conjectures sur les peintures de Lascaux,  le nom que vous donnez à notre grotte des rêves. Votre cupidité a bien failli faire disparaître à tout jamais la mémoire de l’humanité que nous vous avons laissée en dépôt. Heureusement, vous l’avez sauvée de justesse.
Ce que nous avions à vous dire était simple : respectez la nature, les Hommes en font partie, blesser la Terre-Mère, c’est se condamner à disparaître. Je vous le dis, mes frères lointains, vous êtes en grand danger car c’est plus fort que vous, vous ne savez qu’exploiter et détruire le monde qui vous est offert. Du haut du ciel, je vois poindre la fin de notre race. Cela commence avec la mort des abeilles. La vôtre suivra. Quand vous mourrez, vous, la race des Hommes, je mourrai avec vous, moi qui étais l’un des premiers de notre lignée. Mais la mort fait partie de la vie, celle des individus comme celle des espèces. Alors inutile de pleurer.
Ma consolation est l’espoir que nous donnerons naissance à d’autres étoiles et à des mondes meilleurs.

mardi 14 février 2012

Lettre à Georges Perros


L'association  BAGNE (Breizh Association Glomel Nature Environnement) proposait un concours de lettres d'amour. Deux-cents lettres ont été envoyées.
Voir le site :  http://bagne.over-blog.com/


J'ai eu plaisir à écrire cette lettre à un poète dont je me sens très proche :

Cher Georges Perros

« Le plus important dans un livre, c’est la voix de l’auteur, cette voix qui parvient jusqu’à nous ».
En lisant cette phrase de Jorge Luis Borges, j’ai pensé à vous. Dès que je vous ai lu, j’ai entendu votre voix. Et je vous ai aimé.
Cela a commencé quand, par hasard, un jour de brouillard à l’âme, j’ai ouvert un de vos livres, sans trop savoir qui vous étiez et j’ai lu ces vers :
rien ne m’ayant encore donné
l’enviable sensation
d’être tout à fait là sur terre.
C’étaient les mots qui tournaient dans ma tête, c’était mon double qui parlait à l’intérieur de moi. Puis cet enfant
qui se noyait dans sa cuvette
il pesait moins de trois kilos
il était condamné à mort
au reste l’est-il pas toujours
comme mort son frère jumeau
avant même d’avoir vécu
cet enfant, c’était moi, comme morte aussi ma sœur jumelle avant d’avoir vécu. Trouble profond de cette homonymie de vie, comme vous, moi, étonnée d’être là.
Vous me parlez d’entre les pages et mon cœur bat, battements du présent réconcilié. Rencontre en temps décalé avec mon âme jumelle. Présence de l’absente. Cœur abstergé.
Cher Georges, j’aime votre vie ordinaire, votre poésie débraillée, en chandail marin rapiécé, papiers collés, lambeaux arrachés à la douleur, cœur de papier mâché, cœur jumeau qui m’a manqué.
Comme vous, j’aime la solitude féconde qui nous relie à l’univers entier, ce lien tissé qu’on nomme « poésie » :
J’écris et il suffit d’un simple regard vers la fenêtre encombrée de lierre pour que ma solitude s’identifie, épouse l’immensité qui est à ma portée.
Je ne sais plus qui de nous deux écrit, vos mots sont les miens, mes pensées sont les vôtres.
Comme vous, j’aime la mer quand elle caresse le rocher, cet érotisme cosmique :
« Depuis le temps que le roc / affronte la mer / qui l’arrondit / et le polit / il doit finir / par aimer ça. », ai-je écrit un jour.
Puis de vous j’ai lu ceci, nous échangions des correspondances :
La mer m’a parfois donné la sensation d’être le sexe de la terre, de relever les jupes de ces plaines et montagnes fastidieuses. Mais on ne couche pas avec la mer. A moins d’être fou, et d’y rester. Quoi qu’il en soit, son flux et reflux m’a toujours impressionné, non par sa « beauté », mais par son caractère érotique très prononcé. Comme si la terre n’était que l’enfant jeté de ce halètement perpétuel.
Vous me répondiez dans l’espace-temps parallèle de la poésie, espace du cœur et de la seule vraie vie.
Vous êtes mort, comme vous dites, le sifflet coupé par la maladie. Pourtant vous vivez en moi, vous êtes mon double masculin, l’autre moitié de moi, celle que j’ai toujours espérée, enfin rencontrée.
Je vous aime dans l’outre-noir des signes imprimés. Si la solitude est pesante, il me suffit de caresser votre nom sur les couvertures des livres (je vous ai réservé une étagère de ma bibliothèque), de feuilleter au hasard quelques pages pour retrouver entre les mots mon cœur jumeau.
Ce soir vos yeux me sourient dans le ciel sans voile. Georges Perros, j’écoute votre voix et vous réponds depuis le pays de l’âme.
Cher Georges, à bientôt dans les étoiles.

lundi 13 février 2012

Même pas un poème


Le chemin de Lannénec

Or c’est le dérisoire qui marque l’essentiel 

Alexis Gloaguen. Les Veuves de verre.

 


Sur le chemin de Lannénec
aujourd’hui j’ai vu
des chevaux dans un pré
sur le chemin des cavaliers



près d’une roselière
un renard était arrêté
je l’ai regardé
il m’a regardée
puis doucement s’en est allé

plus loin des vaches broutaient
elles m’ont fixée
quand je suis passée
intriguées



près de l’étang
je suis allée à la fontaine
de Sainte Ninnoch
des canards sur l’eau divaguaient
et on entendait des joueurs de djembé



qu’est-ce que j’ai vu encore ?
des rouges-gorges
(pas de raton-laveur)
des restes de glace
et le soleil qui brillait
sur l’eau plate

c’était un samedi de février
où le reste de la France
était enneigé

j’ai ramené des photos
 et quelques mots griffonnés
pas de quoi faire un poème
ça m’a rappelé ma maîtresse
du cours moyen deuxième année
et les textes libres publiés
dans le journal ronéotypé.

                                                                                  Ploemeur, Bretagne sud, samedi 11 février 2012

vendredi 4 novembre 2011

Atelier d'écriture à Poul Fetan

Le thème proposé était "racines". Le lieu a produit les mots.

Racines

Il y a ceux qui s’enracinent et ceux qui sont sans racines et qui pleurent.
Lui, il est arrivé là, un beau jour, de passage.
Il venait de loin, d’au-delà des mers, là où s’entremêlent les racines marines des mangroves.
Il est arrivé, dans ce village fantôme, oublié des cartes routières. Ne me demandez pas comment, peut-être qu’il s’était perdu dans les forêts de brume de ce froid pays.
Il s’est enraciné dans ce terreau étranger : imaginez un banian devenant châtaigner. Il est devenu un arbre de la forêt, différent mais bien acclimaté.
Mais en secret, les soirs de neige, il pensait à son pays de soleil, ses racines devenaient chaînes, je ne parle pas des arbres, mais des chaînes de fer, en un mot, il se sentait prisonnier de cette terre qui l’avait adopté.
Alors, il a eu envie de se libérer. Il a caché une scie sous son lit. Puis une nuit il s’est décidé. L’une après l’autre, il a coupé ses racines. La sève coulait rouge comme celle du grand figuier. Il est devenu léger, léger…
Au matin, on a juste trouvé les racines coupées dans la forêt, et la scie à côté. Lui, il était parti, peut-être envolé vers les nuages blancs qu’on voit passer là-bas, là-bas…Tout le monde a pleuré.
Depuis ce jour-là, moi qui suis sans racines, je ne pleure plus, je suis juste un bateau à l’ancre, à l’abri dans le port, chaque matin au réveil, je sais que je peux m’en aller, partir vers cet horizon qu’on ne peut jamais atteindre mais qui toujours nous attire, éternelle tentation.
Même si je reste ancré là, vieille coque de noix, tant que le désir d’horizon se mêle au clapotis de la houle qui me berce, je sais que la route est libre devant moi, là-bas, là-bas, vers les nuages blancs, au-delà de l’eau, au-delà des mots…

A Poul fetan, le 31 octobre 2011
Atelier d’écriture animé par Gaëlle, association RELI-E/S.
©Mireille Le Liboux

dimanche 30 octobre 2011

Mon haïku gagnant

Le mensuel Le Peuple Breton proposait cet été un concours de haïkus sur le thème de l'eau, en breton, français ou gallo. Le journal en a reçu 252.
J'ai gagné le concours en français, ex æquo avec Marilyse Leroux, avec ce haïku, respectant le rythme 5/7/5 :

Soif dans le désert
et des litres d’eau buvable
dans la chasse-d’eau.

Mes autres propositions :

L’eau don de la Terre
la vendre au supermarché
fallait y penser.

*

L’arbre du désert
cherche l’eau par les racines
et nourrit les hommes.


*

Des rides sur l’eau
de ma rivière d’enfance-
aussi sur ma peau.

*

Trois mois de soleil
première goutte de pluie
et la fleur sourit.

*

Trois longs mois de pluie
premier rayon de soleil
et la fleur sourit.

*
Au Festival Interceltique de Lorient, l’été

Livres sous la pluie
poètes aux pieds glacés
pieds des vers transis.

*