lundi 27 février 2017

Voir les cheveux du vent

Les tamaris si joyeux en été semblent des êtres figés par un mauvais sort en hiver. 
Même si le printemps approche, encore aucun bourgeon sur ces branches qui font penser à la chevelure d'un être torturé par le vent.  A moins qu'il ne s'agisse d'une sorte de  troll islandais, de viltansou breton ou de quelque autre membre de la famille des korrigans.

Dans les branches nues, on peut voir les cheveux du vent.


Derrière la plage de Kerguélen à Larmor-Plage.

samedi 11 février 2017

Sarinagara, Philippe Forest

J'avais déjà lu Sarinagara  de Philippe Forest et en avait parlé ici :
 
https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=5509368032817321535#editor/target=post;postID=733549704483820137;onPublishedMenu=allposts;onClosedMenu=allposts;postNum=5;src=link

Pascale Senk le cite dans L'effet haïku, ce qui m'a donné envie de le relire :
 http://www.editionsleduc.com/produit/901/9791028507527/Leffet%20haikut

Voici une autre citation de Philippe Forest, concernant cette fois le haïku, dans le chapitre sur Issa :

" Toutes sortes de mythologies concernent le haïku en Occident. [...] En raison de sa concision, les lecteurs d'Europe s'imaginent que le haïku condense l'essentiel de l'expérience poétique. Ils lui attribuent le privilège surnaturel d'exprimer la vérité sans objet d'une sagesse ineffable auquel l'esprit du poète parviendrait solitairement dans l’illumination de l'extase.
Mais le haïku n'est en rien le produit d'une ascèse. En vérité, il est d'abord le résultat d'un jeu." (P. 50, Gallimard)

Un jeu, ça me va bien quand je m'essaie à ajouter un haïku plus ou moins réussi (mais tant pis !) à une de me photos (plus ou moins aussi mais il s'agit juste du plaisir de faire et de partager.)

Pour cette photo prise au Fort-Bloqué en Ploemeur (56), j'ai pris une valeur sûre, un haïku de Bashõ, prise dans Bashõ, seigneur ermite - L'intégrale des haïkus - Gallimard (P. 56) :

De la nouvelle lune
l'imparfaite beauté
laisse présager  la pleine lune



lundi 6 février 2017

Alerte vagues submersion du 3 janvier

3 janvier 2017 : la météo annonce de forts coups de vent et de la pluie. On nous dit de ne pas sortir de chez soi.
Mais en sortant, je vois des escargots toutes cornes dehors, leurs yeux pointés vers le ciel et buvant la pluie au risque de se faire écraser ainsi que des vers de terre perdus sur le bitume.
Au bord de la mer, c'est la foule, dont de nombreux photographes guettant la vague sur la digue.

Lomener, Ploemeur, Morbihan.






vendredi 3 février 2017

Haïsha de l'année du coq

Entre permanence et impermanence, les années qui passent n'ont pas les mêmes effets sur tout et tout le monde.

Le 28 janvier 2017 est la date du nouvel an chinois, qui nous rappelle qu'une année de plus s'est écoulée.

Année du Coq

Passent les années
solide sur son roc
le squelette d'épave



Photo de l'auteure, prise à Larmor-Plage soit An Arvor en breton, autrement dit la zone littorale, le pays du bord de mer.

dimanche 29 janvier 2017

Haïsha du pied cassé

Comme je l'ai déjà dit, je me suis cassé la cheville deux jours avant de rentrer de Séoul le 1er novembre 2016. Au passage je remercie encore le responsable français de Cap Corée de m'avoir prise en charge.
J'allais voir le grand temple de Bongeusa que je n'avais pas eu le temps d'aller voir jusque-là et j'y tenais avant de partir car en montant au-dessus de la statue de Bouddha, on a une magnifique vue sur la ville. Je n'ai pas pu monter derrière la statue.
En sortant du métro, je regardais devant moi où se trouvait le temple. Je n'ai pas fait attention que j'avançais vers le bord du plan incliné en béton, incliné certes mais sur les deux côtés les bords sont droits. je me suis tordu la cheville. A l'hôpital universitaire de Séoul, les radios n'ont rien montré. Au retour, on a vu que j'avais un arrachement osseux. D'ailleurs à la clinique, on m'a d'abord laissée avec un simple bandage, quinze jours après il a fallu m'immobiliser pour de bon.


J'ai commencé doucement la kiné et hier j'ai pu marcher environ un kilomètre, un exploit et une renaissance. Merci Monsieur l'excellent kinésithérapeute !

samedi 28 janvier 2017

Haïsha du 24 janvier en Bretagne

Hier, le vent était glacial et les oies Bernache de Sibérie dansaient sur les vagues.



Ce matin, plus de vent ni d'oies et une température douce au soleil
d'avant la pluie : plaisir de l'impermanence
chaque jour est une découverte. 




Envolées les oies
avec le vent de Sibérie -
le nez du printemps

jeudi 26 janvier 2017

Dharamsala

Un extrait de mon livre De Lorient à Pondichéry et autres impressions indiennes est en ligne sur le site de Emergences Littéraires et artistiques. Il s'agit d'un passage concernant mon court séjour à Dharamsala, lors de ces pérégrinations en Inde :
http://www.emergences-ela.com/index.php?post/2017/01/25/Mireille-Le-Liboux-%3A-Extrait-de-Retour-de-Chandigarh

Le livre est en vente chez l'éditeur : http://www.stephanebatigne.com/de-lorient-a-pondichery-et-autres-impressions-indiennes/



vendredi 9 décembre 2016

Corée du sud (9 et dernier) : retour à Séoul

Au retour à Séoul le parc autour de Namsangol Hanok village affichait les couleurs de l'automne. Si le village est artificiel, contrairement à Buckchon, les spectacles qui s'y déroulent le weekend valent la peine d'y passer l'après-midi ou la soirée.






Le lendemain, c'est en sortant du métro pour visiter Bongeusa temple que je me suis cassé le pied comme je l'ai dit dans le premier épisode, ce qui fait qu'au lieu de visiter la zone démilitarisée, j'ai visité le service des urgences de l'hôpital universitaire, juste la veille de mon retour en France.

Sur le chemin du temple
me suis cassé le pied
Bouddha n'a pas bougé

Corée du sud (8) : écouter Denez Prigent sur l'île de Jeju-do

Mon hôtel se trouvait à Seogwipo, le Backpacker's home. Je pense que cette résidence est intéressante, avec une cuisine dans les étages. Mais ma chambre était mal placée, dans l'entrée, entre la cour d'un restaurant et la cour de la résidence où se tenaient des barbecues coréens animés tous les soirs et de plus, juste au-dessus de la salle de concert nocturne, jusqu’à 23 h. Donc si vous y allez, choisissez votre chambre dans les étages.

Malgré ce petit désagrément, ce genre d'endroit est toujours intéressant pour les rencontres qu'on y fait. C'est ainsi que j'ai passé une soirée dans la cuisine avec une Suédoise, une dame aux cheveux blancs (qui se faisait remarquer de ce fait, voir mon article précédent). Je lui donne dans mes âges, autour de 65 ans et j'ai admiré son courage : elle a décidé de tout larguer, de vendre son logement, et de vivre en vagabonde, d'un pays à l'autre, d'une résidence à l'autre, avec pour tout bagage, un sac à dos de onze kilos ! J'admire mais j'en serais bien incapable, partir, oui, mais revenir pour mieux repartir.

Elle avait de la musique enregistrée sur son smartphone et quand je lui ai indiqué que je venais de Bretagne, elle m'a dit qu'elle était fan de Denez Prigent. Du coup, j'ai cherché d'autres chanteurs bretons sur sa tablette, dont Armel An Hejer et j'ai trouvé un excellent documentaire en anglais sur le fest-noz. Pour un peu, j'aurais bien dansé une gavotte à Jeju-do !

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Ce que j'ai vu sur Jeju-do

Le temple de Sanbangsan, classé UNESCO, perché sur une montagne en bord de mer et qui domine le "dragon" et le monument de Hamel.


Sanbangsan Temple



Le dos du dragon

Les célèbres plongeuses proposent des abalones crus avec du soju
La légende du dragon sur la côte de Yeongmeori : "The portal vein on the dragon's back in Yeongmeori". Le panneau explique que l'empereur de Chine Qin Sihuang qu'un empereur concurrent commandant le monde surgirait à Yeongmeori. l'empereur envoya Hu Zongdang pour couper la veine porte du dragon pour stopper l'énergie de Yeongmeori.


Le bateau de Hamel reconstitué : Hamel était un navigateur hollandais. Son bateau s'est échoué ici le 16 août 1653. Il y eut 36 survivants. Il est resté 13 ans en Corée avant de rentrer chez lui et de faire le premier rapport sur ce pays en Occident. 



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 Falaises de Jusangjeolli, orgues basaltiques. 




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 Tunnel de lave de Manjanggul, UNESCO, le ou l'un des plus grands du monde. Pour y aller, il m'a fallu quatre heures de bus aller et quatre heures retour. Il pleuvait beaucoup ce jour-là, c'était un moyen d'être à l'abri. Il est vrai que c'est impressionnant.

Ajouter une légende


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Pour vraiment visiter Jeju-do, il faudrait y rester assez longtemps et l'idéal serait de disposer d'une voiture car on est assez limité par les bus locaux : on peut aller dans beaucoup d’endroits mais c'est très long. Il faut savoir aussi que c'est extrêmement touristique, il y a beaucoup de monde partout, en particulier des Chinois. 
Pour un séjour en Corée en temps limité, finalement je conseillerais de laisser Jeju-do. L'endroit où j'aurais aimé rester davantage est Pusan, un grand port et une ville agréable.

mercredi 7 décembre 2016

Corée du sud (7) Séoul : les beaux quartiers et le culte des apparences

Dans ce quartier de Séoul, le luxe s'affiche. Nous sommes sur l'immense promenade engazonnée  de Gwanghwamun qui s'étire depuis le palais de Gyeongbok jusqu'à la place Chyeonggye, elle-même l'aboutissement de la promenade le long de la rivière Cheonggyechon qui traverse le centre ville.

C'est le quartier des grands immeubles rutilants et des ministères.
Pour prendre la photo ci-dessous, je me suis postée entre les buissons pour guetter l'arrivée d'une passante illustrant l'enseigne Chanel, ce qui n'a pas été très long.
Ce qui frappe en Corée et particulièrement  à Séoul, c'est l'importance de l'apparence.
C'est l'un des premiers pays au monde pour la chirurgie esthétique. On m'a dit que le cadeau des filles ayant réussi l'équivalent du bac est la chirurgie des paupières. Pour trouver un bon mari, il faut se faire débrider les yeux et ressembler à une poupée Barbie. On se fait aussi affiner le bas du visage. Cela aboutit à des jeunes femmes aux yeux écarquillés et impersonnels et qui finissent par toutes se ressembler.
Les soins esthétiques sont une préoccupation majeure, les femmes dans le métro le matin passent leur trajet à parfaire leur maquillage.
Et le luxe s'affiche, ce qui n'empêche, comme à Paris, de voir des SDF qui vivent sur les trottoirs (des personnes âgées car il n'y a pas de système de retraite).


Gwanghwamun Square
Cheonggyechon Steam
Dès le collège, les filles sont passionnées par les produits de beauté, ci-dessous collégiennes à Gyeongju après l'école.


J'ai remarqué que quasiment personne n'a les cheveux blancs ou gris, hommes ou femmes, quels que soient l'âge et la classe sociale. Ce qui veut dire que tout le monde se teint les cheveux.
Les Coréens sont adeptes de randonnée, Séoul s'y prête avec ses parcs et ses montagnes au cœur de la ville. Mais pas n'importe comment : on croise de nombreux groupes de personnes âgées, toujours super- équipées de vêtements hightech et colorés, d'un sac à dos dernier modèle et de bâtons.
Il paraît qu'on n'a pas l'habitude d'économiser en Corée, ce n'est guère étonnant, l'argent gagné doit beaucoup être dépensé pour cultiver le culte de l'apparence. Et certains se trouvent bien démunis quand arrive l'hiver, d'où les SDF âgés.
Il faut dire que tout est fait pour dépenser de l'argent : les épiceries dépanneurs sont ouvertes 24 heures sur vingt-quatre. Si vous avez envie d'une glace ou d'un bol de nouilles à trois heures du matin, pas de problème, il y a toujours un GS 25 pas loin !
De même, dans les grandes rues commerçantes, les boutiques sont ouvertes jusqu'à très tard le soir, dimanches compris et l'on s'y bouscule. Comme ici dans Myeong-dong Street avec au fond Seoul Tower.

Myeong-dong Street

Rien à voir avec la mélancolie des villes mortes chez nous le dimanche. Je ne parle pas de Paris, bien sûr.