mardi 30 avril 2019

"Une femme en contre-jour" de Gaëlle Josse

Tout amateur de photographie ne peut qu'être passionné et intrigué par Vivian Maier, bonne d'enfants américaine d'origine française, dont l’œuvre photographique immense a été découverte par hasard après sa mort dans une vente aux enchères. Découverte qui va changer la vie de John Maloof, agent immobilier qui va se consacrer désormais entièrement à l'oeuvre de Vivian Maier (1926-2009). Il est le co-auteur d'un documentaire en 2013 : Finding Vivian Maier, traduit par : A la recherche de Vivian Maier.
Gaëlle Josse a reconstitué et imaginé sa vie à partir d'une abondante recherche documentaire dans Une femme en contre-jour, Notabilia 2019. J'ai dévoré le livre qui nous place derrière l'objectif de Vivian Maier, retraçant son itinéraire chaotique, de la maltraitance à la résilience, pour se terminer dans l'anonymat et la misère. Une grande artiste dont on commence à peine à découvrir l’œuvre photographique immense et si singulière.

Citation p. 152 :
Vivian Maier. Une silhouette anonyme, une invisible dans la rumeur d'océan de la ville.Un visage parmi d'autres. Elle marche. S'arrête.Cadrage. Intuitif, parfait. Déclenchement. L'autre, dans sa vie, lui fait face. Reconnaissance. Ni pathos ni pitié. Ni bons sentiments ni voyeurisme. Rien qu'une urgence créatrice, cette formidable tension qui rend vivant. Ce quelque chose d'entrevu et saisi. Le regard droit sur le réel, et qui soudain s'arrête. A nous de prolonger l'histoire avec ce qui n'entre pas dans le cadre. Champ et hors-champ.

 



samedi 16 février 2019

Le magasin de photo extraordinaire dans "Ecoute" de Boris Razon

Parmi les nouveautés de ma médiathèque préférée, j'ai découvert un OLNI, Objet Littéraire Non Identifié : Écoute de Boris Razon.
C'est construit comme un polar sans en être un, c'est très fouillé sur le plan littéraire, c'est moderne et classique avec un tricotage d'histoires parallèles. On est attentif aux dates, aux analepses, en se disant que ces histoires finiront par se tisser entre elles.
Voici ce qu'en dit l'éditeur :
« – T’es où
– T ou
– Tu fais quoi ? »

Vincent Lemasson est là, à l’intérieur d’une camionnette banalisée. Pour parer à la menace terroriste, l’officier de police surveille l’avenue des Gobelins dans cet univers confiné. Il intercepte tous les messages échangés dans son périmètre. Submergé par une vague d’emojis, de photos érotiques, de textes qu’il ne comprend pas, il se sent seul, dérouté.
En face, devant la boutique d’appareils photo anciens, un homme attire son attention ; un homme sans connexion, qui n’émet rien. Le suspect entre dans le magasin. Il en sort, lesté d’un lourd boîtier. Vincent ne peut plus le quitter des yeux.
 
Ce lieu et ce magasin de photographie ne m'étaient pas inconnus, ayant séjourné en 2015 dans un hôtel à proximité. J'ai été troublée par cette coïncidence avec un livre déjà  troublant. Je me souvenais avoir photographié ce magasin extraordinaire et par chance, j'ai retrouvé la photo :
 
 
J'ignore s'il existe encore, j'imagine que non.
Je ne vais pas résumer tout le livre, d'autres l'ont déjà très bien fait, par exemple ici : 
 
 Les thèmes entrecroisés autour du fil de Pessoa tressent des portraits changeants et évanescents, des disparitions et changement d'apparence ou de sexe pour renaître. Le tout sur le fond des attentats récents.  Un livre vertigineux et passionnant.
 

mardi 1 janvier 2019

2019


Noël en Alsace

Sélestat, tradition des boules de verre soufflé qui ont remplacé les pommes dans le sapin:





Dans la campagne



Riquewhir


 

Château du Haut-Koenigsbourg.

Ayant hérité d'une ruine en 1865, la ville de Sélestat en fit don à l'empereur allemand Guillaume II. Celui-ci en confia la restauration à l'architecte Bodo Ebhardt. Le château fut entièrement reconstruit avec des moyens ultra-modernes et impressionnants de 1900 à 1908. Les finitions se poursuivirent jusqu'en 1918. 
Par le traité de Versailles, la France devint propriétaire des biens de la couronne allemande en 1919.






vendredi 21 septembre 2018

Le phoque n° 14

Un jeune phoque a élu domicile le long de la côte ploemeuroise, Morbihan.
Presque tous les jours, à marée montante, il vient faire un tour au Courégant, se promène le long de la cale et semble chercher le contact avec les humains. On l'a vu jouer avec un chien Labrador. Il a vite repréré aussi les pêcheurs qui lui donnent du poisson et vient réclamer.
Son histoire fait le tour du port : marqué sur le flanc 14, il aurait été soigné à Océanopolis et mis à l'eau au Conquet.
Il n'a pas trouvé ses congénères de Molène et doit s'ennuyer tout seul.







Il s'approche des gens sans se laisser toucher

mardi 14 août 2018

Stèle

Moi l'Empereur ordonne ma sépulture: cette montagne hospitalière, le champ qu'elle entoure est heureux. Le vent et l'eau dans les veines de la terre et les plaines du vent sont propices ici. Ce tombeau agréable sera le mien. 
Extrait de Édit funéraire, Stèles. Victor Segalen


Je me revois là-bas
près du vieux pin tordu
à Gyeongju.

Je me croyais en Chine
au temps des poètes Li Po
et Wang Wei
ou sur la route de Hokkaïdo
en compagnie de Matsuo Bashõ
et Victor Segalen assis près de la stèle
rédigeait son poème.

Souffles unis dans l'univers
espace et temps abolis
réunis.


Corée du sud, Gyeongju, tombe du roi Talhae, octobre 2016.



mercredi 6 juin 2018

Inspiration Harry Gruyaert

Pour la sortie photo du jour, nous devions nous inspirer du thème "Rivages" d'Harry Gruyaert, un photographe que je suis heureuse d'avoir découvert pour l'occasion :
http://inmotion.magnumphotos.com/essay/rivages

Deux photos d'H. Gruyaert :




Et mes essais sous le soleil breton du 31 mai.