Affichage des articles dont le libellé est prix littéraires. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est prix littéraires. Afficher tous les articles

dimanche 6 avril 2014

Revue Traversées

J'ai le grand plaisir d'avoir une suite de textes poétiques publiés dans la belle revue belge Traversées, n°71, mars 2014. 36 auteurs de poésie et de nouvelles participent à cette livraison, le premier étant Abdellatif Laâbi. La revue a obtenu le prix de la presse poétique 2012 Paris 2012.

Site de la revue : http://traversees.wordpress.com/



jeudi 4 avril 2013

Médaille

Mon recueil poétique La consolation des pierres a obtenu la médaille de bronze du salon du livre de Servon-sur-Vilaine (35).

jeudi 15 novembre 2012

Nouvelle : la scène du puits de Lascaux



Nouvelle écrite sur le thème imposé du rêve en 2012 par le salon du livre de Riantec et qui n'a rien gagné, mais l'important est d'avoir eu du plaisir à l'écrire. Comme dit le sage, ce qui compte est d'être en chemin, pas d'arriver au but.

***

Le sanctuaire des rêves ou le mystère de la "scène du puits"

 "Les travaux et les jours nous étaient offerts, nous avons choisi les travaux." Ralph Waldo Emerson.

 
Nous vivions là depuis plusieurs générations. Après de longues errances, nos ancêtres avaient enfin trouvé le lieu idéal et s’y étaient établis. La rivière encaissée nous prodiguait l’eau pure à volonté et dès que fondait la glace, les poissons abondaient. Les hautes falaises étaient creusées de nombreux abris naturels bien situés. Dans la forêt touffue nous ramassions le bois pour nous chauffer et cuire les aliments rapportés de nos cueillettes et de nos chasses.
À flanc de falaise, les parois de pierre de la grotte souterraine étaient devenues notre livre de mémoire. C’était là que nous inscrivions notre savoir du monde : la vie et la mort, la naissance, l’enfance, la vieillesse. Les juments gravides annonçaient le printemps, nous l’avions appris au fil du temps. C’est pourquoi nos artistes ont peint, en suivant les cycles des saisons, comme une grande horloge cosmique, les chevaux du printemps, les cerfs de l’automne puis les aurochs de l’hiver. Ils dessinaient sur les parois les animaux sacrés, les esprits de la Terre. Les femmes elles aussi étaient sacrées, car elles donnaient la vie, insufflée en elles par les esprits, perpétuant ainsi notre nouvelle race d’Hommes.
Moi qui vous parle du temps où je vivais sur cette terre dans la force de ma jeunesse, j’avais la mission sacrée de chasser le Renne quand la nourriture venait à manquer. Vos sorciers, les archéologues, ne cessent d’interroger cette peinture qu’ils ont trouvée dans le puits, au fond de notre sanctuaire. Il est temps que je vous apprenne ce qui s’est passé cette nuit-là. Quand je dis « je vous parle », ce n’est pas la vérité, je vous transmets ma pensée que vous traduisez, sans vous en rendre compte, par vos propres mots, dans un rêve éveillé.

C’était l’hiver, on ne pouvait plus pêcher dans la rivière gelée, les petits animaux de la forêt avaient disparu, nos enfants avaient faim. Notre grand Sage, celui que vous nommez Shaman, avait étudié la lune et les présages, le moment était venu. Selon la coutume, je me suis retiré pendant sept jours et sept nuits dans l’abri isolé loin du village, pour communier avec l’esprit de mon animal-totem, celui qui allait m’habiter, m’insuffler son courage et son énergie virile. J’avais fabriqué mes javelots et mes pointes de sagaies. Le Shaman était la seule personne qui avait le droit de me visiter, il avait béni mes armes selon le rituel et m’avait donné à boire la décoction de plantes qui fait venir le Grand Esprit.
Cette nuit-là, j’ai eu une vision de mort qui m’a glacé les os. J’ai d’abord vu le bâton surmonté du Grand Tétra, emblème de notre Shaman. Puis est apparu mon animal-esprit, le Bison, transpercé de haut en bas par un javelot. De son ventre béant pendaient ses entrailles comme un sexe monstrueux ; le bison blessé ne me regardait plus, mais tournait la tête, et fixait, étonné, la masse gluante qui coulait de son ventre, comme viennent les petits au monde. Puis le masque du Grand Tétra a recouvert ma tête, je suis devenu l’oiseau et me suis senti aspiré vers le ciel, mon corps devenant léger et fin comme une de ses plumes. Mon sexe était dressé, dirigé vers le Bison, comme si c’était la pointe de mon javelot.
Mon rêve était-il un mauvais présage ? J’étais inquiet car je devais partir le lendemain, seul, dans la forêt profonde. Le Shaman avait le pouvoir d’interpréter mon rêve. Il fallait que je le voie. Lors de sa visite quotidienne, je lui ai décrit ma vision de la nuit. Il a consulté les oracles et donné la réponse :
« Sois sans crainte. L’esprit du Bison t’a choisi pour t’avertir, et transmettre la connaissance à tous ceux de notre race, les Hommes. Le cycle de la vie est sacré. Le Renne est là pour nourrir les Hommes et permettre aux femmes d’enfanter de générations en générations. Mais il n’appartient pas aux Hommes de détruire la vie hors de cette nécessité sous peine de grands malheurs. Tu vas partir en chasse pour le bien de notre tribu mais tu dois faire bien attention. Tu ne dois tuer qu’un grand mâle adulte ayant déjà procréé, tu le reconnaîtras à la hauteur de ses bois. Surtout, laisse la vie sauve aux femelles, elles vont mettre bas au printemps. À cette condition, ta vie sera préservée et il en sera de même maintenant et à jamais : l’Homme, comme les autres animaux, ne doit prélever chez notre mère la Nature, que le strict nécessaire à la perpétuation de notre espèce. L’oracle dit aussi que ce message doit être transmis aux générations futures et pour cela doit être inscrit dans un endroit secret et protégé. Nous devons aller inscrire ton rêve sur la paroi du puits, au fond de notre sanctuaire, pour le futur de l’Humanité. »
Alors, nous avons pris nos lampes à graisse, (je n’ai pas oublié la plus belle, celle que j’ai taillée dans un œuf de grès rose trouvé au bord de la rivière), et nous sommes partis dans la grotte aux peintures. Après avoir traversé la grande salle où sont peints les taureaux, nous avons suivi le passage jusqu’au puits, le lieu de nos secrets les mieux gardés. Dans la chaleur de l’été, on ne peut y rester, vous dites que c’est à cause du gaz qui s'en dégage. Heureusement, c’était l’hiver, et même si nos lampes devaient être rallumées souvent, et si nous devions régulièrement grimper notre échelle de corde végétale pour respirer en haut du puits, nous avons eu le temps d’inscrire mon rêve sur la paroi.
Nous avons préparé les pigments dilués dans l’eau. J’ai laissé à notre grand Sage, comme c’est l’usage, le travail au pinceau. Il a d’abord peint son emblème, le bâton au Grand Tétra, puis la tête et les entrailles pendantes du Bison, le haut de mon corps de rêveur, le masque d’oiseau posé sur les épaules. Pour vous aider, vous des siècles futurs, à lire la Scène du puits, il a tracé des flèches à suivre du regard : la lance qui traverse le Bison de la droite vers le bas, une sagaie en bas montre l’oiseau, puis l’envol du rêveur, pointé par ses bras formant une flèche montrant le haut du puits.
Puis ce fut à mon tour. J’ai empli ma bouche de pigments dilués, puis je les ai projetés doucement pour former la crinière et les pattes du Bison. J’ai terminé par deux longs traits figurant les jambes du rêveur homme-oiseau, deux traits en pointes de sagaie pour les pieds dirigés vers le Bison et un trait identique et parallèle pour le sexe, force virile du chasseur. C’est ainsi que les hommes rêvent. Je n’ai pas oublié de déposer une sagaie et ma lampe rose au fond du puits, en même temps que mon rêve. À la chasse le lendemain, le Grand Esprit serait avec moi.

Cela s’est passé il y a bientôt vingt mille ans. D’où je suis aujourd’hui, je vous vois, vous les sorciers du monde moderne, vous perdre en conjectures sur les peintures de Lascaux,  le nom que vous donnez à notre grotte des rêves. Votre cupidité a bien failli faire disparaître à tout jamais la mémoire de l’humanité que nous vous avons laissée en dépôt. Heureusement, vous l’avez sauvée de justesse.
Ce que nous avions à vous dire était simple : respectez la nature, les Hommes en font partie, blesser la Terre-Mère, c’est se condamner à disparaître. Je vous le dis, mes frères lointains, vous êtes en grand danger car c’est plus fort que vous, vous ne savez qu’exploiter et détruire le monde qui vous est offert. Du haut du ciel, je vois poindre la fin de notre race. Cela commence avec la mort des abeilles. La vôtre suivra. Quand vous mourrez, vous, la race des Hommes, je mourrai avec vous, moi qui étais l’un des premiers de notre lignée. Mais la mort fait partie de la vie, celle des individus comme celle des espèces. Alors inutile de pleurer.
Ma consolation est l’espoir que nous donnerons naissance à d’autres étoiles et à des mondes meilleurs.

vendredi 16 mars 2012

participation au prix du livre insulaire

Mon roman Rendez-vous à Skye est inscrit pour le prix du livre insulaire d'Ouessant. Pour avoie plus d'informations sur les participants, allez sur le site : http://livre-insulaire.fr/13.html


mardi 14 février 2012

Lettre à Georges Perros


L'association  BAGNE (Breizh Association Glomel Nature Environnement) proposait un concours de lettres d'amour. Deux-cents lettres ont été envoyées.
Voir le site :  http://bagne.over-blog.com/


J'ai eu plaisir à écrire cette lettre à un poète dont je me sens très proche :

Cher Georges Perros

« Le plus important dans un livre, c’est la voix de l’auteur, cette voix qui parvient jusqu’à nous ».
En lisant cette phrase de Jorge Luis Borges, j’ai pensé à vous. Dès que je vous ai lu, j’ai entendu votre voix. Et je vous ai aimé.
Cela a commencé quand, par hasard, un jour de brouillard à l’âme, j’ai ouvert un de vos livres, sans trop savoir qui vous étiez et j’ai lu ces vers :
rien ne m’ayant encore donné
l’enviable sensation
d’être tout à fait là sur terre.
C’étaient les mots qui tournaient dans ma tête, c’était mon double qui parlait à l’intérieur de moi. Puis cet enfant
qui se noyait dans sa cuvette
il pesait moins de trois kilos
il était condamné à mort
au reste l’est-il pas toujours
comme mort son frère jumeau
avant même d’avoir vécu
cet enfant, c’était moi, comme morte aussi ma sœur jumelle avant d’avoir vécu. Trouble profond de cette homonymie de vie, comme vous, moi, étonnée d’être là.
Vous me parlez d’entre les pages et mon cœur bat, battements du présent réconcilié. Rencontre en temps décalé avec mon âme jumelle. Présence de l’absente. Cœur abstergé.
Cher Georges, j’aime votre vie ordinaire, votre poésie débraillée, en chandail marin rapiécé, papiers collés, lambeaux arrachés à la douleur, cœur de papier mâché, cœur jumeau qui m’a manqué.
Comme vous, j’aime la solitude féconde qui nous relie à l’univers entier, ce lien tissé qu’on nomme « poésie » :
J’écris et il suffit d’un simple regard vers la fenêtre encombrée de lierre pour que ma solitude s’identifie, épouse l’immensité qui est à ma portée.
Je ne sais plus qui de nous deux écrit, vos mots sont les miens, mes pensées sont les vôtres.
Comme vous, j’aime la mer quand elle caresse le rocher, cet érotisme cosmique :
« Depuis le temps que le roc / affronte la mer / qui l’arrondit / et le polit / il doit finir / par aimer ça. », ai-je écrit un jour.
Puis de vous j’ai lu ceci, nous échangions des correspondances :
La mer m’a parfois donné la sensation d’être le sexe de la terre, de relever les jupes de ces plaines et montagnes fastidieuses. Mais on ne couche pas avec la mer. A moins d’être fou, et d’y rester. Quoi qu’il en soit, son flux et reflux m’a toujours impressionné, non par sa « beauté », mais par son caractère érotique très prononcé. Comme si la terre n’était que l’enfant jeté de ce halètement perpétuel.
Vous me répondiez dans l’espace-temps parallèle de la poésie, espace du cœur et de la seule vraie vie.
Vous êtes mort, comme vous dites, le sifflet coupé par la maladie. Pourtant vous vivez en moi, vous êtes mon double masculin, l’autre moitié de moi, celle que j’ai toujours espérée, enfin rencontrée.
Je vous aime dans l’outre-noir des signes imprimés. Si la solitude est pesante, il me suffit de caresser votre nom sur les couvertures des livres (je vous ai réservé une étagère de ma bibliothèque), de feuilleter au hasard quelques pages pour retrouver entre les mots mon cœur jumeau.
Ce soir vos yeux me sourient dans le ciel sans voile. Georges Perros, j’écoute votre voix et vous réponds depuis le pays de l’âme.
Cher Georges, à bientôt dans les étoiles.

mercredi 12 janvier 2011

Sélection au deuxième concours des Editions du bord du Lot

Après l'édition du recueil  de poèmes érotiques Entre vers et rose, mon texte "En vol" a été retenu pour le deuxième recueil des Editions du bord du Lot. Titre prévu: Au fil du Lot à la rime. Les droits d'auteurs sont versés au Restaus du coeur.
http://www.bordulot.fr/page32/page32.html

lundi 23 novembre 2009

La lettre de Jean-Michel Guénassia aux lycéens (où il est aussi question de liberté...)



Editions Albin Michel





A toutes les lycéennes et à tous les lycéens

qui ont participé à la 22ème édition du Prix Goncourt des Lycéens









Ca a été une très belle aventure. Depuis le début. L'annonce que le roman était retenu dans la liste du Goncourt et puis, la tournée. Des rencontres avec des lycéens dans toute la France ! Quelque chose d'un peu mystérieux et énigmatique. Que va t-il se passer ? Va t-on être lâché dans la cage aux fauves ? On n'est pas très rassuré. Mais avant, il y a la rencontre avec les autres auteurs parce que nous ne nous connaissons pas ou peu ou mal, que nous avons, finalement, peu d'occasions de nous croiser, pris que nous sommes entre nos métiers, nos vies et l'écriture. Cette année, je me suis fait quelques amis. Ce n'est pas si fréquent. C'est même rare de nos jours. Maintenant, on se téléphone, on s'envoie des courriels et on se promet de se voir. Ensuite la rencontre avec les libraires des Fnac, sans qui rien ne serait possible. Qui se coupent en quatre, qui ne comptent ni leurs heures ni leur enthousiasme, ni leur plaisir et avec qui on parlerait des journées entières. Comme avec les professeurs. Il faut être un peu fou pour faire ce qu'ils font. Comme s'ils n'avaient pas assez de boulot avec les cours à préparer, les copies à corriger, les réunions et le reste. Non, il faut qu'ils lisent et fassent lire quatorze livres ! Qu'ils donnent encore un peu plus de force, de passion et de leur infinie patience. Et puis voila, le moment arrive de rentrer sur la piste. Un peu comme au cirque. On se retrouve face à quelques centaines de visages inconnus, aussi sur leurs gardes que nous. Beaucoup sont attentifs, ont préparé des feuilles avec des listes de questions (Mon dieu, est-ce que je vais savoir répondre ?), d'autres rigolent, roupillent ou se bécotent. Certains ont lu deux ou trois livres, d'autres plus. Ils devront lire en un temps record. Je ne sais pas comment ils vont faire. Je lis lentement. Et puis les questions commencent. Ca ne se passe pas si mal. Elles sont précises, drôles, pointues. Très vite, on oublie qui on est, qui vous êtes et on se parle. Comme des amis. Sans arrière-pensée. Toutes les réunions ont été trop courtes, on a tant de choses à se dire.



Je conserverai toute ma vie un souvenir extraordinaire de ces rencontres avec vous parce qu'à chaque réunion, il y a eu un moment exceptionnel, avec un auteur qui va chercher une réponse au fond de son coeur et, à ce moment-là, ça a été merveilleux. Je me souviendrai toujours d'Eric Fottorino et de Justine Lévy à Reims trouvant des mots d'une extraordinaire simplicité et d'une clarté bouleversante pour nous parler de leurs émotions et de leurs vécus (à ce moment, ils m'ont donné envie de lire leurs livres) ; de Sorj Chalandon à Nantes, soulevant la salle par son enthousiasme et à sa passion communicative et de Daniel Cordier à Paris, racontant son itinéraire et son évolution dans un silence de cathédrale puis les lycéens et la salle entière faisant une ovation debout à ce grand monsieur.

De mon côté, cela faisait longtemps, je ne me rappelle plus quand exactement, que je n'avais pas eu la chair de poule. Je ne suis pas près de l'oublier. Quand j'ai reçu un appel sur mon portable et que j'ai entendu la clameur à l'énoncé du prix. J'ai eu un grand frisson. Et une bouffée de chaleur. Je devais être rouge. La même émotion que Michel face à Camille. Merci à vous tous pour cette belle émotion, qui un court instant, m'a ramené quelques années en arrière quand je me liquéfiais dès qu'une fille me souriait. Quelle chance vous avez. Profitez-en. A ce moment aussi, pour la première fois, j'ai senti que ce livre que j'avais porté si longtemps venait de me quitter vraiment. Vous l'avez pris. Il est devenu le vôtre. Il vous appartient aujourd'hui. Vous l'avez choisi. Je ne peux pas, à cet instant, ne pas mesurer la difficulté du choix que vous avez eu à faire. La sélection, cette année, était belle. Si vous aviez donné ce prix à Davis Foenkinos, à Sorj Chalandon, à Delphine Le Vigan ou à Véronique Ovaldé, cela n'aurait pas été une injustice. Leurs romans sont beaux et forts.



Pour vous, cette aventure du Goncourt des Lycéens doit être un signe exemplaire de votre vie à venir. Vous avez accompli là un choix citoyen. Vous avez travaillé, réfléchi, discuté, pesé le pour et le contre et vous avez voté. Ca s'appelle la Démocratie. (On a dit que ce n'était pas le meilleur des systèmes mais on n'en a pas encore trouvé de meilleur). C'est notre bien le plus précieux. Ca veut dire être libre dans un pays libre. N'acceptez jamais d'entrave à ce droit. Personne n'a plus à vous dire ce en quoi vous devez croire, ce que vous devez penser ou aimer. Soyez des citoyens de ce vaste monde. Il en a bien besoin.



Pour ce que vous êtes, pour ce que vous ferez et pour ces moments magiques que nous avons partagé ensemble : Merci.











Jean-Michel Guenassia





             























22 rue Huyghens 75680 Paris Cedex 14 / Tel : 01 4279 10 00 / www.albin-michel.fr