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jeudi 11 juin 2015

Littérature et voyage

J'ai rédigé un dossier pour le compte de l'association des écrivains bretons sur le thème littérature et voyage, en lien avec la Bretagne.
On y trouve Victor Segalen, Kenneth White, Jean-Luc Coatalem, Irène Frain, ainsi que Khamu Ram Bishnoï, venu à Languidic.

C'est à lire sur le site : http://www.ecrivainsbretons.org/newsletter.html

dimanche 10 mars 2013

La déconvenue dans un voyage réussi selon JL Coatalem

Leçon de voyage et d'écriture, je n'en finis pas d'être émue à la lecture de Coatalem...


"La déconvenue serait le premier ingrédient, sinon le principal, du voyage réussi. L'imprévu nous débarrasserait de nous-même, la faille soudaine du monde nous donnerait à voir et à vivre au-delà des prévisions et des circuits et ce train en retard, ce vieil avion bimoteur jamais parti, ce guide aussi retors que malhonnête, ont des chances de rester, à l'avenir, confits dans le sucre de nos souvenirs comme un sommet inégalé.
Fort de cette expérience, vérifiée plus d'une fois, quelle saloperie viet m'attend à l'aéroport saïgonnais pour qu'enfin je vive un peu ?"

Jean-Luc Coatalem, Suite indochinoise, Le Dilettante, 1999.

http://ledilettante.atelier-multimedia.org/fiche-livre.asp?Clef=834

vendredi 7 décembre 2012

Quelques clés pour mes titres

Voici une petite exégèse de ce qui a motivé le choix des titres de mes ouvrages.

L'Empreinte des cygnes a été motivé par la lecture de Les Cygnes sauvages de Kenneth White et L'Empire des signes de Roland Barthes. Ce livre est conçu comme un "livre du chemin" ou "waybook".

Rendez-vous à Skye, c'est bien sûr l'île de Skye où j'avais effectivement un rendez-vous avec un poète gaélique. J'ai aussi joué avec Lucy in the Sky with diamonds (lumière dans le ciel avec diamants), à la fois en parodiant le New Age, et plus sérieusement en utilisant le symbole du bouddhisme tantrique du diamant. J'ai emprunté (l'empreinte !) ceci encore à Kenneth White dans son recueil Terre de diamant. Il explique son titre en note, je ne résiste pas au plaisir de recopier sa conclusion :
"Enfin, s'il est bon d'avoir ces notions à l'esprit quand on parcourt le livre, il ne faut pas les avoir trop à l'esprit, et si je donne cette lecture "ésotérique" (initiatique) du titre, cela ne doit rien enlever à la sensation directe des réalités brutes rencontrées. Si tu t'attaches au phénomène (la terre), tu es dupe, si tu t'attaches au vide (le diamant), tu attrapes la maladie religieuse. Si tu t'attaches à la poésie, tu ne comprends rien, si tu t'attaches à la sagesse, elle se dessèche." (Publié dans "Les cahiers rouges", Grasset)

La Consolation des pierres : clin d’œil à Jean-Luc Coatalem (La Consolation des voyages), à Stieg Dagerman (Notre besoin de consolation est impossible à rassasier) et les pierres, la terre, les étoiles, sont vraiment consolantes en nous permettant de nous sentir relié à l'univers.

Au pays où les chats font du yoga est explicité par la photo de couverture, le chat en méditation dans la grande fresque sculptée de Mahabalipuram. Ce livre contient aussi un poème tantrique (union des forces masculines et féminines), récompensé d'un prix lors d'un concours des éditions du Bord du Lot.

Retour de Chandigarh. Impressions indiennes (en cours d'édition chez Edilivre). Le titre est explicité dans le prologue : référence à Loin de Chandigarh de Tarun Tejpal et Chandigarh a vraiment été la dernière étape de mon voyage en Inde de 2012.



lundi 29 août 2011

Gauguin, Segalen, Coatalem

A l'exposition 2011 de l'Abbaye de Daoulas  "Victor Segalen et l'exotisme, rencontres en Polynésie", j'ai acheté entre autres le livre de Jean-Luc Coatalem Je suis dans les mers du Sud. Sur les traces de Paul Gauguin.
Toutes ces rencontres, dans le temps et l'espace, ces chemins qui se suivent et se croisent, parfois sont profondément poétiques, bouleversantes, représentent pour moi le Dao, la Voie, montrée par quelques maîtres.

Segalen, qui arrivé trois mois après la mort de Gauguin, et sans le connaître, se trouve le dépositaire de ce qui reste, et se trouve un maître en cette quête du Divers. Jean-Luc Coatalem, dont je relis des passages de La Consolation des voyages avec toujours autant de délectation et d'émotion (sans le connaître), nous livre sa quête personnelle en emboîtant le pas à Gauguin et Segalen. On vibre avec lui quand il découvre les objets  récupérés au fond du puits oublié et retrouvé de "La Maison du jouir": presque rien, des débris de porcelaine HB Henriot avec motifs de genêts! Mais tant de force émotive dans ces traces!
Que cherche Coatalem si loin, aux Marquises? Extrait, p. 287, livre de poche :

"Après un affreux café à la vanille et un début de migraine, je reprends mon chemin, égaré par ces contradictions, cette multiplication des pistes. Pourquoi les détails sont-ils si vains, si obsédants? A quoi servent ces signes, semés comme de petits cailloux, qui ne mènent à rien sinon à la même évidence ? La disparition, le trou noir. Nous ne laissons rien derrière nous, que des enfants qui ne se souviennent pas, des émotions qui se dissolvent, une vision rêvée du monde, un mirage, une crispation momentanée. Tout héritage serait rogné, d'avance dissous sous la râpe des jours. Nos existences ne tiennent qu'à un fil. Il est mille fois coupé : lumières, obscurités. Et dans ces ténèbres, errants, il y a nos tupapau, ultimes regrets, les seuls plausibles. au moins, plus ils nous tisonnent, plus nous nous souvenons, moins nous mourons à nous-mêmes. Ce qui nous hante est ce qui nous fonde..." (C'est moi qui souligne)

Je tiens JL Coatalem pour un grand poète, même si, à ma connaissance (je vais chercher), il n'écrit pas ce qu'on appelle dans la classification, de la poésie.