dimanche 6 mai 2012

Recension de "La Consolation des pierres"

Article de presse paru dans Le Peuple Breton du mois de mai 2012

Mon recueil est en vente à : 
- Lorient : L'Imaginaire, Quand les livres s'ouvrent
- Larmor-Plage : Louise Titi
- Ploemeur : Sillage
- Vannes : Lenn ha dilenn
- Quimperlé : Penn da benn

Et par correspondance auprès de l'auteur (mireille.leliboux@gmail.com) , franco de port.

vendredi 27 avril 2012

Poème publié par la revue Interventions à Haute voix



Vient de paraître dans le numéro 49 de la revue de poésie Interventions à Haute Voix, thème "Hasards / Rencontres." Prix 12 €. Vente et renseignements chez le directeur de publication: Gérard Faucheux : gerard.faucheux@numericable.fr

Conditionnel

« J'aurais pu ne pas exister
mon père aurait pu
ne pas épouser ma mère
j'aurais pu connaître le sort de ma ma s?ur
qui poussa un cri puis mourut
sans se rendre compte
qu'elle n'était née qu'une heure
et qu'elle n'avait pas connu ma mère.»

                               Mahmoud Darwich. Le lanceur de dés.

Hasard : emprunté à l'arabe az-zahr, dé ou jeu de dés.
                                                              Dictionnaire Robert




Quand j'ai lu
- par hasard -
ce poème de Mahmoud Darwich
j'ai vu des étoiles dans ma tête :
c'était un peu mon histoire.

Pour un peu
ma mère n'aurait pas
rencontré mon père
et de ce couple désaccordé
ne seraient pas venues
des jumelles premières nées.

Pour un peu
moi aussi j'aurais pu
à peine âgée de huit mois
respirer juste une fois
puis disparaître
comme une comète
sans avoir eu
le temps de connaître
le sourire de la fleur.

Pour un peu
j'aurais pu
naître en Chine ou en Inde
anywhere en France ou ailleurs
ou dans une famille
aimant le bonheur.
Et plus tard
j'aurais pu mourir cent fois
il s'en est fallu de peu parfois.

Pour un peu
je ne serais pas là
en train d'écrire ces mots-là.
Ça aurait changé quoi ?
Si peu : juste un coup de dé
par distraction
comme un battement d'aile
de papillon.


Mireille Le Liboux

jeudi 12 avril 2012

Note de lecture de Pierre Tanguy


(Pierre Tanguy est poète et a été journaliste à Ouest-France Rennes. Il continue à écrire des chroniques concernant la poésie.)

Mireille Le Liboux et sa « géopoétique »


   
     Elle vit dans le pays de Lorient, voyage dans sa tête, mais aussi sur le littoral morbihannais ou dans les îles bretonnes. « La figure du dehors »  - pour reprendre le titre d’un essai de Kenneth White - c’est l’affaire de Mireille Le Liboux.
     Dans son nouveau recueil, elle nous parle des pierres, aussi bien des pierres dressées par les hommes préhistoriques que des pierres glanées sur la côte (« Au fond de ma poche/voyage avec moi/le petit galet rose »). Elle trouve auprès de ces pierres – plus qu’auprès des humains – une forme de consolation. Mireille Le Liboux partage leur destinée au point d’écrire : « Quand mon corps aura fini son usage/rendez-moi à la terre/pour accompagner la pierre/dans sa danse d’éternité ».

     L’auteure morbihannaise se rattache à cette veine d’écriture qualifiée par Kenneth White de « géopoétique ». Dans un précédent ouvrage, « L’empreinte des cygnes » (mêlant prose et poésie, un peu à la manière du haïbun japonais), elle nous faisait pénétrer dans son univers, « comme s’il fallait retrouver un fil de vie qui n’aurait pas de limite dans le temps, depuis la préhistoire ou plus loin, le fil perdu de la présence au monde ». Et elle confiait : « J’ai la sensation que c’est là qu’il faut creuser ».

     Nous voici donc, sur ses pas, à Groix, Houat, Ouessant, et dans tous ces territoires d’Extrême-Occident. « La terre crie sa souffrance, note-t-elle, ici le silence permet de l’entendre ». Mais le poète est là, aussi, pour « s’étonner du bourdonnement des insectes au printemps, de l’abondance des huîtres sauvages ». Nous voici, également, de plain-pied, dans les textes de ses auteurs de chevet : Tchouang-Tseu, Sôseki, Bashô, Li Po… (que Mireille Le Liboux cite au fil des pages). Car de l’Extrême-Occident  à l’Extrême-Orient, il n’y a qu’un pas. C’est la littérature qui le lui fait franchir, au nom de la « fraternité des adeptes du monde ouvert ».
                                           
                                                                                           Pierre TANGUY.

La consolation des pierres, Mireille Le Liboux, Bleu de mer, 2012, 40 pages, 8 euros.
L’empreinte des cygnes, Mireille Le Liboux, Les Chemins bleus, 2008 (réédition 2009), 156 pages, 15 euros.

mardi 3 avril 2012

Newsring lance un débat sur les langues régionales


 J'ai été sollicitée pour participer au débat sur
La question posée : "Passéistes, les langues régionales ?"


Voici la contribution que j'ai proposée :


« Passéistes, les langues régionales ? », demandez-vous ?

On pourrait alors demander : passéiste, la (bio)diversité ? Qui oserait répondre oui ? Du ministère de l’Écologie qui explique que la race humaine fait partie de la biodiversité à Jean-Marie Pelt qui insiste sur la nécessaire diversité des langues au même titre que celle des plantes, il semble y avoir un consensus, au moins affiché. Alors, pourquoi cette obstination, obsession, exception françaises, à faire un problème, là où dans la majorité des pays sur la planète, à part quelques dictatures, il n’y a pas de problème ? Quelle peur irrationnelle est sous-jacente ? Marianne serait-elle si fragile qu’elle se démembrerait si le multilinguisme avait cours sur son territoire ?
Que les rois de France aient voulu unifier le royaume, que François 1er ait voulu faire du français la langue officielle en 1539 par l’arrêté de Villers-Cotterêts, cela avait du sens à l’époque. La langue orale, le roman, se développait depuis le douzième siècle, en devenant la langue écrite des premiers romanciers écrivant de manière personnelle les récits de la « matière de Bretagne ». Le latin était dépassé, il fallait être moderne.

Mais aujourd’hui ?
La langue française n’est pas contestée en France.
Quel danger pourrait représenter la reconnaissance d’autres langues en parallèle ? Avoir deux langues, est-ce une richesse ou un problème ? Être riche de plusieurs cultures, en quoi cela menacerait-il la République Une et Indivisible ?
Si l’identité française de définit comme une masse indifférenciée d’individus identiques, on est tombé bien bas. Il est vrai que la culture en France est très menacée par les temps qui courent (je viens de recevoir une pétition à signer émanant de théâtres nationaux, c’est dire !). J’ai même la nette impression qu’il y a une volonté politique non plus de former des citoyens autonomes ayant les outils de la comparaison et donc de la réflexion, mais de formater la population à une « pensée » (qui n’en est plus une) unique, réalisant ainsi la crainte exprimée par Claude Lévi-Strauss en 1955 dans Tristes tropiques : « L’humanité s’installe dans la monoculture ; elle s’apprête à produire la civilisation de masse, comme la betterave. son ordinaire ne comportera plus que ce plat. » On en est là.

Alors, en quoi développer les langues minoritaires est-il moderniste ?
D’abord, on l’aura compris, pour sauvegarder ce qui reste de diversité.
Car tous les linguistes s’accordent à dire qu’une langue exprime une vision du monde, un mode de pensée et de perception, et que pouvoir comparer ces perceptions est une richesse pour le patrimoine mondial. Alors qu’en français, on a un mot pour définir la couleur de la neige (c’est bien limité pour les poètes ! ), en inuit, on a une centaine de manières de la décrire, toute une palette de nuances.
De même en breton, on a un adjectif intraduisible pour définir la couleur de l’océan, « glaz », qui peut vouloir dire bleu ou vert, mais il existe un autre mot pour le vert de l’herbe, c’est donc juste la couleur de l’Atlantique, celle qui a attiré et attire encore tant de peintres.

Bilinguisme précoce.
Ensuite, il est prouvé par les nombreuses études réalisées en psycholinguistique que le bilinguisme précoce chez les enfants favorise l’apprentissage ultérieur d’autres langues et développe de manière plus générale les capacités d’abstraction.

Je reviens d’un voyage en Inde.
Pour peu qu’ils aient eu accès aux études, beaucoup d’Indiens parlent au moins trois langues : celle de leur état, par exemple le penjabi ou le tamoul, l’hindi parlé par 20 % de la population, l’anglais, évidemment.
Et j’ai constaté un engouement pour le français que la France n’honore pas, puisque les centres culturels français et les Alliances Françaises sont exsangues. Que ce soit à Chandigarh ou à Puducherry, où de nombreux jeunes indiens vont apprendre le français, les droits d’inscriptions ont dû être augmentés, limitant ainsi de manière drastique l’accès à la francophonie. C’est poignant ! J’ai été très sollicitée pour donner des cours de français, avis aux amateurs !
Donc, non seulement la France se ferme aux richesses dont elle a la chance de disposer sur son propre territoire, mais le français devient une langue ultra-minoritaire dans le monde, alors qu’il jouit encore, pour l’instant, d’un certain prestige et représente, dans l’exemple des Indiens, une ouverture au monde.
Triste image d’un pays qui se recroqueville sur lui-même, au risque de la nécrose.

Poésie

Pour terminer poétiquement, voici un texte d’une poète et amie écossaise, qui écrit, certe,s en anglais, mais aussi en shetlandais, de l’île dont elle est originaire. Il s’agit de Christine De Luca, le titre du recueil est Mondes parallèles (ce qui est un hommage au multilinguisme). La traduction en français est de Jean-Paul Blot et le recueil a obtenu le prix du livre insulaire d’Ouessant en 2007 (édition fédérop).

Sam but different / Semblables mais différents


Ayant, dès le départ, plus d’une façon de parler,
de comprendre les choses, nous apprenons à ajuster
ce que nous disons à ce qu’on attend de nous. Plaignez ceux
qui sont nés dans une seule langue, ceux qui n’ont jamais goûté
ne serait-ce qu’un plat d’autres tables.
Élevés dans deux langues c’est inconsciemment
partager un festin : deux manières de penser.
L’une enrichit l’autre, peut nous révéler un autre monde,
que tous les mondes cependant
sont tout simplement semblables mais différents.

© Christine de Luca, éditions fédérop

Mireille Le Liboux
Professeur de lettres retraitée
Membre de l’Association des Ecrivains Bretons.

jeudi 29 mars 2012

Deomp de'i !


Dix-huit langues reconnues officiellement en Inde. Et en France ?

Ce samedi 31 mars 2012, des manifestations auront lieu dans les régions françaises pour la reconnaissance des langues régionales, à Quimper / Kemper pour la Bretagne historique et économique, celle à cinq départements.
Depuis la création du « royaume de France », les pouvoirs politiques quels qu’ils soient, sont inexplicablement crispés sur cette question, l’éradication de toute langue autre que le français de l’Ile de France étant l’obsession, voire l’exception française.
Cela a démarré avec François premier et l’arrêté de Villers-Cotterêts en 1539, pour officialiser l’utilisation du français dans la vie juridique et administrative, au détriment du latin devenu obsolète, certes, mais écartant de facto toutes les autres langues de France. Cela a continué lors de la Révolution Française où certains, comme l’Abbé Grégoire, pouvaient en même temps lutter contre l’esclavage des noirs et pour l’éradication brutale des multiples langues de France. Avec l’épisode de la Terreur, le sang abreuvant nos sillons sanglants a fait taire les langues rebelles.
Aujourd’hui, en 2012, on pourrait penser que l’existence de la France n’a plus besoin d’être prouvée par l’attachement à une seule langue et que la « mère patrie » est assez confiante en elle-même pour accueillir en son sein généreux (^^) les parlers multiples qui fleurissent sur son sol, y compris ultramarin.
Pourtant, certains ont toujours la peur au ventre, une peur viscérale, impulsive, incontrôlée, fantasmatique. Passe encore que notre président actuel, issu de l’immigration puisque d’origine hongroise, soit reconnaissant à la France de l’avoir nourri de son lait maternel et de ce fait, refuse l’existence d’une autre langue que celle transmise par ce « sein généreux » (bis ^^)…
Mais qu’un homme de gauche, comme un certain Jean-Luc Mélanchon, en soit encore à refuser la ratification par la France de la Charte des langues régionales ou minoritaires du conseil de l’Europe, cela dépasse l’entendement. Son argument : il n’existe pas en France de minorités ! Autrement dit, sa définition de la démocratie, c’est : « je ne veux voir qu’une seule tête, et je coupe celles qui dépassent ! » Et l’argument de l’obstacle constitutionnel ne vaut guère mieux : la constitution a été modifiée il n’y a pas si longtemps (à l’unanimité des députés présents si ma mémoire est bonne…) dans le but de rendre cette ratification impossible. On tourne en rond !

Du côté des linguistes, heureusement, la nécessité de la diversité est le plus souvent reconnue.
Certains vont assez loin dans l’engagement, comme Gilbert Dalgalian , ci-dessous* :



L'émergence d'Homo Sapiens est inséparable de sa propre diversification dans tous les domaines : croyances, mythes, techniques de vie et de survie, langues, cultures, outils, armes.

Depuis les origines l'humain a dû s'adapter à un environnement changeant et souvent menaçant. Ce qui lui a valu des évolutions différentes selon les lieux, les époques et en fonction des périls toujours nouveaux.

Les migrations et les métissages ont encore renforcé cette diversification et ont partout produit des humains plurilingues et pluriculturels. C'est aujourd'hui seulement – à l'ère de la mondialisation des sciences, des techniques et de l'économie financiarisée – que cette diversité, synonyme de richesse, est menacée par un nivellement et une uniformisation.

L'anglais joue dans ce processus de nivellement un rôle clé, mais les autres grandes langues y contribuent aussi lorsqu'elles ne protègent pas, voire contrarient, les langues minoritaires partout. Le combat pour les langues est indivisible, mais ce fait n'est hélas pas perçu par les politiques, les médias, les universités, les leaders d'opinion.

Cette dérive et ce délire d'uniformisation sont d'autant plus dangereux pour l'avenir de l'espèce que nos langues sont nos vies : elles sont inscrites dans les replis de nos circonvolutions cérébrales. Et quand nous sommes bi-ou plurilingues, cette richesse neuronale fait de nous des ponts entre les cultures.

Ne pas transmettre cette richesse à nos enfants et petits-enfants est un crime contre le patrimoine d'Homo Sapiens Sapiens.

(*)Professeur, docteur en linguistique et psycholinguiste Gilbert Dalgalian est constamment sollicité pour des conférences-débats de la part des associations de parents d'élèves et d'institutions culturelles régionales ou étrangères. Dans ces conférences il présente en termes accessibles au grand public les données récentes de la psycholinguistique et des neurosciences en matière d'apprentissage, notamment des langues.

C'est là aussi une occasion pour lui de souligner l'importance d'une éducation assise sur l'environnement local ou familial, ainsi que de sauvegarder la diversité linguistique en France et dans le monde. La diversité linguistique ou Glossodiversité est un prolongement chez l'humain de la biodiversité dans le règne du vivant.



Du côté des membres de l’Académie Française, les prises de position de Danièle Sallenave, intronisée aujourd’hui, contre la reconnaissance des langues minoritaires ne sont pas surprenantes. Celles de François Cheng, grand poète à la double culture, sont beaucoup  plus surprenantes et décevantes. Là aussi, cela doit tenir à la « reconnaissance du ventre ».

Et l’Inde, alors ?
Certes, la situation n’est pas comparable, mais quand même…
Dix-huit langues ont bénéficié d’une reconnaissance officielle du gouvernement, et on continue à pratiquer 1 600 dialectes. L’anglais n’est pas reconnu officiellement mais est devenu la  langue véhiculaire de ceux qui ont pu bénéficier d’une scolarité, au minimum à l’école primaire. 20 % de la population parle le Hindi, souvent en plus de sa langue d’origine. Et j’ai pu constater l’engouement pour d’autres langues, en particulier le français et l’italien.
Ce multilinguisme précoce a une heureuse conséquence, comme se l’accordent à dire tous les psycholinguistes, celle de développer le « don des langues », la faculté d’assimiler d’autres langues avec aisance.
Comme exemples, je pourrais citer d’abord notre jeune guide du Rajasthan (on l’appellera Rani, « reine », comme la reine Sati, le premier temple que nous ayons visité) parlant donc hindi, anglais, et ayant appris le français au contact d’une peintre française, installée dans une havelli à Fatehpur et ayant hébergé sa famille. C’est ainsi qu’elle est devenue guide francophone (et d’après elle, une des seules jeunes filles célibataires du Rajasthan à pouvoir exercer un métier mais c’est une autre question).
Je citerais ensuite mon amie Kaur, parlant sa langue natale le penjabi (que sa mère enseignait au lycée), l’hindi, l’anglais (elle était assistante d’anglais dans les deux lycées publics de Lorient où j’ai fait sa connaissance) et ayant choisi d’étudier le français à l’université de Chandigarh ! Non seulement elle le parle parfaitement mais elle suit des cours de littérature de haut niveau et de traduction français-anglais, basés sur un ouvrage d’un universitaire indien du Québec…

Au passage, j’en profite pour signaler que si la France s’accroche à sa langue unique avec l’énergie du désespoir, elle ne fait rien pour développer le français à l’étranger, bien au contraire.
Les centres culturels français n’ont plus aucun moyen et sont délabrés au point que c’enest une hante. Les Alliances françaises, comme celle de Chandigarh, ou celle de Puducherry (Pondichéry) où de nombreux jeunes Indiens vont étudier le français, sont obligées d’augmenter leurs prix d’inscription, faute de moyens donnés par l’Etat français, ce qui en limite beaucoup l’accès.
C’est désolant, voire poignant, quand je vois le nombre de Rajasthanis rencontrés qui parlent plus ou moins le français (au contact des touristes) et souhaiteraient l’apprendre davantage. L’esprit d’ouverture est du côté du multilinguisme !

Langue unique renfermée sur l’hexagone, recroquevillée sur elle-même, au risque de la nécrose, voilà le programme des certains candidats en ces temps d’élections.
Défendre la diversité culturelle, autant menacée que la diversité biologique, et l’une ne va pas sans, l’autre est une urgence, une évidence :

Deomp de’i, allons-y, chalo (en Hindi) !


COMITE DE PARRAINAGE

Des personnalités qui ont signé l'appel à manifester le 31 mars à Quimper :

Alan Stivell , Dan Ar Braz, Idir ( El Hamid Cheriet ) , Tayfa (Farid Ait Siameur) , Ismael Lesdema ( harpiste paraguayen) ,Tri Yann, Dom Duff , Loeiz Guillamot , Hervé Bellec , Jean Failler , Bernard Berrou , Roger Faligot , Angèle Jacq , Goulc'han Kervella (Ar vro Bagan), Anne Queguiner-Boelle , Fañch An Henaff , Georges Cadoudal , Daniel Giraudon, Yann Le Meur , Michel Le Goffic , Soïg Siberil , Bernez Tangi , Jean Charles Perrazzi , Hervé le Borgne (Président Glenmor an distro) , Les ramoneurs de menhirs ( Eric Gorce, Richard Bévillon, Maurice Jouanno, Loran Bars, Laurent Boulaire, Franck Piquet, Julie Robert) , Gilles Servat , Eugène Riguidel , Christian Le Vaillant , Trio EDF (Mélaine Favennec, Gérard Delahaye, Patrick Ewen) , Manu Lannhuel , Nolwenn Korbell , Gwennyn , Clarisse Lavanant , Jean Pierre Riou (Red Cardell) ,  Les Groove Boys , Pascal Jaouen (Brodeur) , Denis Seznec (président de France Justice) , Nono , Hervé Lossec , Patrick Poivre d'Arvor, Louise Ebrel, Kévin Camus...


TOUTES LES RÉGIONS ENSEMBLE POUR
LEURS LANGUES, LEURS CULTURES

PARTOUT, sur le territoire de la République : des manifestations et des actions pour la reconnaissance de la diversité des langues et cultures des territoires de la République :

Une action collective et interrégionale sans précédent de la société civile à ce niveau à l'occcasion des élections présidentielles :

-pour la Bretagne à Quimper
-pour la Corse à  Ajaccio
-pour l'Alsace à Strasbourg
-pour l'Occitanie à Toulouse
-pour la Catalogne à Perpignan
-pour le Pays Basque à Bayonne
-pour la Savoie à Annecy
-pour la Picardie à Amiens
-pour le Poitou à Poitiers
-Dans les territoires d'Outre mer pour le créole et les autres  langues autochtones en Martinique, Guyane, la Réunion

L'ensemble des mouvements pour la défense et la promotion de la diversité des langues et cultures de la République, des artistes, des créateurs, des personnalités se mobilisent.


vendredi 16 mars 2012

participation au prix du livre insulaire

Mon roman Rendez-vous à Skye est inscrit pour le prix du livre insulaire d'Ouessant. Pour avoie plus d'informations sur les participants, allez sur le site : http://livre-insulaire.fr/13.html


mercredi 15 février 2012

Voyage...


L'orme ivre d’une ombre.

Né dans cette terre de fougères, il a grandi dans la clairière, à l'orée du village, aimé des hommes et des bêtes, ses racines épanouies plongeaient loin dans la terre, ses branches s'élevaient haut vers le soleil.
Les oiseaux des bois nichaient dans son feuillage, les hommes s'abritaient au pied de cet arbre, les jeunes filles y dansaient en ronde, les amoureux lui confiaient leurs secrets et lui sculptaient des cœurs sur le tronc.
Les oiseaux de passage qui se reposaient dans ses branchages, lui racontaient les pays lointains, lui parlaient d'autres paysages. C'est ainsi que le grand orme se mit à rêver de voyage, dans les hivers de givre, endormi sous ses branches de cristal. Au dégel, il attendait le retour des hirondelles. Elles lui racontaient les savanes, le rire des enfants noirs, la vie sous les arbres à palabres.
Enraciné dans sa terre, il voulait voir du pays, se sentir libre, voyager. Pourtant, il avait tout pour être heureux sous ce climat tempéré. Il essayait de sortir ses racines, mais impossible, il était trop solidement attaché.
Alors, l'orme devint triste, ses feuilles se mirent à jaunir, puis à tomber en plein été. Il n'offrait plus ses frondaisons fraîches aux oisillons dans leur nid, était boudé des hirondelles, des vagabonds de passage et des amoureux en promenade. Plus aucun ami ne s'arrêtait. Quand vint l'hiver, il était si triste que sa sève se figea et tout son bois sécha. Au printemps, il ne restait plus qu'un tronc sec. Il était mort.
La morale de cette histoire, nous pouvons l'emprunter à Charles Baudelaire :

L'homme ivre d'une ombre qui passe
Porte toujours le châtiment
D'avoir voulu changer de place.

Extrait de "La Consolation des pierres"


Sur les froissements d’aube
des draps de sable nubile
de l’éclatement écarlate de la chair déchirée
émerge un chaos de roches noires
un rêve de falaise où l’esprit peut s’arrêter
et contempler sans sombrer.

Dans ce monde nouveau-né
dans les gerçures ocres et rouges
de fer oxydé
dans la terre de sang
un espoir de bleu cherche son chemin
vers l’échappée du ciel vide.


Copyrights : Mireille Le Liboux, Dominique Haab-Camon pour l'image.