vendredi 13 février 2015

Balade photographique en Morbihan

Grand beau temps ensoleillé mardi 9 février 2015 pour une petite randonnée à partir de Saint-Degan, l'écomusée de Brec'h. Les oiseaux s'égosillent, les pervenches fleurissent dans les chemins creux, comme une poussée de printemps au cœur de l'hiver. Nous sommes privilégiés en sud Bretagne, il faut le dire.

Le chemin de randonnée traverse des hameaux, comme celui de Saint-Guérin avec ses maisons anciennes sauvegardées.





L'église de Saint-Quirin occupe le centre du village


De là, le chemin part à travers champs vers la fontaine de Saint-Quirin, un lieu de repos et de méditation.

Une pierre levée indique que ce lieu fut sacré bien avant la religion chrétienne.





Retour vers Saint-Degan


et les chaumières de l'écomusée.



lundi 9 février 2015

Du côté de la Rivière d'Etel

Balade du dimanche 8 février 2015.
Le soleil un peu voilé incite à la balade. Le vent venant des régions nordique est encore un peu froid mais dans les endroits abrités, il fait bon, presque chaud.

Je vais donc passer l'après-midi vers Locoal-Mendon, au bord de la rivière d'Etel.

Quelques monuments perdus dans la campagne témoignent de la volonté d'éradication par le catholicisme des cultures préétablies. Ainsi les menhirs (peulven en breton) s'ils n'ont pas été détruits, ont été christianisés, ce qui donne parfois des résultats surprenants.

La quenouille de Sainte-Brigitte

Ça ressemble à quoi ?

La croix à côté pour faire bonne mesure


La région est aussi marquée par la lutte des Chouans, massacrés. Il ne faut pas oublier que les Bretons ont d'abord été massivement du côté des "bleus" avant de changer à cause des massacres.



Le "chemin de Cadoudal" traverse la forêt (Forest), on peut y voir une cachette souterraine. Ce chemin creux nous mène sur le bord de la rivière alors que le soleil descend.





Pour les cormorans, c'est l'heure d'aller dormir.


Au retour, un drôle d'animal attendait dans le chemin creux où la nuit s'infiltrait.


Bonne nuit !


dimanche 1 février 2015

Note de lecture : Sarinagara de Philippe Forest



Sarinagara. Philippe Forest
Gallimard, 2004

Me laissant souvent guider par le hasard dans ma quête de lectures à la médiathèque, j’ai été attirée par le livre de Philippe Forest Sarinagara.
D’abord le titre et l’explication qu’en donne la quatrième de couverture : « Sarinagara signifie cependant. Ce mot est le dernier d’un des plus célèbres poèmes de la littérature japonaise. » L’auteur en est Kobayashi Issa, « le dernier des grands maîtres dans l’art du haïku ». Son histoire est reconstituée par l’auteur ainsi que celle de Sôseki, dont j’ai aimé Choses dont je me souviens. J’en avais cité un poème dans L’Empreinte des cygnes :

Les hommes meurent
Les hommes vivent
Passent les oies sauvages.

La troisième histoire de ce livre est celle d’un photographe Yamahata Yosuke « qui fut le premier à photographier les victimes et ruines de Nagasaki ».
Ces « trois vies rêvées » s’entremêlent avec la vie du narrateur, si proche de l’auteur que la frontière entre réalité et fiction a totalement disparu. L’étiquette « roman » inscrite sur la couverture, ne semble être là que pour nous entraîner dans un espace à la fois flottant et labyrinthique, entre « rien n’a du sens » et « tout a un sens », entre « tout n’est que hasard » et « il n’y a pas de hasard »… en fait, dans l’espace de la poésie, dont ce livre relève avant tout.
N’ayant pas d’informations préalables sur l’auteur, je me suis laissée embarquer dans ce patchwork de vies fragmentées dont le fil de trame apparaît peu à peu : le Japon, on l’avait compris, mais pourquoi ?... et très vite le motif commun : vivre après la mort d’un enfant, sinagara (cependant)… L’émotion du lecteur va croissant tout au long du livre, au fur et à mesure que se révèlent les liens secrets entre tous ces fragments d’humanité blessée.
J’ai le sentiment d’avoir fait une vraie rencontre en lisant ce livre, ce qui est assez rare dans le marché culturel contemporain, si vaste qu’il est difficile de distinguer les livres qui vont vraiment vous enrichir durablement. Ce ne sont pas toujours ceux qui sont mis le plus en avant.
De plus, ce n’est pas un critère mais cela fait plaisir : Philippe Forest a quitté Paris pour fuir le traumatisme et s’est installé « dans une grande ville de l’ouest », dit-il dans le roman. Vu qu’il est professeur de littérature à l’université de Nantes, on se doute de quelle ville il s’agit.
Bienvenue en Bretagne Philippe Forest !

Et comme je préfère citer un auteur que le commenter, voici quelques phrases que j’ai notées au cours de ma nuit de lecture ou que j’attrape au passage en le feuilletant à nouveau :
Sur Issa :
« Où en est la poésie au temps d’Issa ? Au même point d’immuable médiocrité où on la trouvera toujours. Elle est l’objet d’affairement, de négoce, de calcul dans la minuscule  et perpétuelle foire aux vanités où se disputent toutes sortes de têtes faibles et de cœurs vides. »
« Issa est le poète de la vie, des enchantements d’enfants et des éveils émerveillés dans la nature. Il manque tout à fait de sérieux […] La religion le fait rire. Il n’a aucun respect pour le commerce crédule qu’il voit prospérer autour de lui. » (Pp 62 et 63).

Sur les voyages du narrateur au Japon :
« Le tourisme est l’art de jouir du monde en passant. Comme la vie. Il n’y a pas de raison d’éprouver pour lui du mépris. Les temples de bois rouge dont la peinture flambe, vieux de plusieurs siècles et pourtant périodiquement reconstruits comme le veut l’usage. Le feu des fleurs ouvertes parmi les herbes, tout près d’un bassin avec les flèches rouges ou noires des carpes grasses glissant dans l’eau immobile. » Suit une page de descriptions de pure poésie suivie de la phrase « En somme, toute la collection ordinaire des cartes postales. » (Pp 172-173). Ceci me réjouit particulièrement !

Dans le chapitre sur Sôseki :
«  Rien de plus risible qu’un écrivain qui ait l’air d’un écrivain et qui pousse le ridicule jusqu’à en être fier. L’habituelle profession de foi névrotique du très mauvais romancier, du très faible poète confessant qu’il lui fallait absolument écrire, que cela était indispensable à son équilibre, à sa survie… » (P.108).

À propos du photographe Yamahata qui découvre ses images en les développant dans son laboratoire :
« À quoi tient ceci ? Que la représentation de la vie soit toujours plus poignante que la vie elle-même, que l’on pleure sur un portrait et jamais sur un visage. Qu’il en soit nécessairement ainsi alors que l’intenable pathétique des images vient de la vie et seulement d’elle. Pourquoi faut-il en passer par les images afin que nous soit rendue la vérité des choses aimées parmi lesquelles nous passons ? Pourtant il en est ainsi. » (P. 237). Un lecteur précédent avait déjà coché ces phrases, j’y souscris également.

« Ne cherchez pas ailleurs, lisez ». (P. 74).


vendredi 30 janvier 2015

Suite de la balade en Finistère samedi 24 janvier 2015

Après les Monts d'Arrée, j'ai fait une halte à Concarneau (Kon Kerne). Sur la côte, il faisait beau et des touristes visitaient la ville close.
Une dame prenait la tour de l'horloge en photo, son mari lui a dit : "C'est une carte postale", je lui ai dit: "Oui, mais il faut les faire, les cartes postales, sinon on le regrette après".
Alors, la voilà. On peut y lire l'heure aussi bien sur l'horloge que sur le cadran solaire.



Ici, on a peut-être le plus court trajet au monde en bateau, avec le bac qui passe d'une rive à l'autre.
Les passagers l'attendent et du haut de la tour, on observe.



Retour par l'intérieur de la ville close.


Et pour finir la journée en beauté, balade sur la plage du côté de Tregunc.





jeudi 29 janvier 2015

Dans les Monts d'Arrée

Samedi 24 janvier, la météo de Radio Bleu Breizh Izel annonçait du beau temps sur la Bretagne. Sur la côte, c'était bien le cas, il faisait doux et une belle lumière illuminait le ciel matinal.
Direction les Monts d'Arrée, avec l'envie d'y faire des photos, en commençant bien sûr par la chapelle perchée sur le sommet de Saint-Michel de Brasparts.

En s'approchant, un gros nuage cachait le soleil tout autour du mont, et un vent glacé vous transperçait les os, n'incitant pas à s'attarder près de la chapelle.

Vue sur le lac de Brennilis depuis Saint-Michel



Je suis donc vite repartie par le nord, souhaitant faire un crochet par Saint-Rivoal et son enclos paroissial avant d'aller à la crêperie de Brasparts. De la voiture, j'ai pris une photo rapide de la chapelle à contre-jour...


... et c'est bien plus tard que je me suis rendu compte que la ligne d'horizon dessinait une silhouette allongée, rappelant toutes les "Lady sleeping" du monde, j'ai  déjà écrit là-dessus. Sein Michel de Brasparts...

A Brasparts, il faisait toujours froid, juste le temps de voir l'église et son enclos...


... ainsi que l'écomusée déserté en hiver mais dont le portail m'a fait penser au tableau "Bonjour Monsieur Gauguin". Il manquait juste quelqu'un.


 A Pleyben, le calvaire devant l'église est en travaux, entouré d'échafaudages. J'ai fait le tour de l'église.






En reprenant la route vers la côte sud, je me suis arrêtée aux "Trois fontaines".




Le calvaire, amputé, se dresse vers le ciel





Et les sculptures de l'église parfois surprenantes.




Sur la côte, à Concarneau, il faisait beau et une douce température.
La suite des photos dans un prochain article.

mardi 27 janvier 2015

Balade sur la plage, de Kerguélen à Kerpape

A Larmor-Plage, le 26 janvier 2015


Dessins de sable, au fond, le centre nautique de Kerguélen.



Côté Larmor.



La mer artiste dessine chaque jour des forêts de symboles sur le sable. On peut parler de géopoétique.




Un bateau insolite est apparu, un peu loin c'est dommage, je n'ai pas de zoom assez puissant. Mais l'instant était merveilleusement poétique.


 D'après ce que m'a dit un photographe, c'est L'Etoile du roy, qui était en carénage au slipway de Lorient les jours précédents. On peut voir les photos de Christian Bauvois sur ce lien :