dimanche 29 novembre 2009

6 ème salon des écrivains bretons à Paris le 5 décembre

Je serai présente à la Maison de la Bretagne, 8 rue de l'Arrivée, 75015 Paris, de 14h à 18h30. Métro Montparnasse. L'entrée est libre. Informations sur :

http://www.agencebretagnepresse.com/print.php?id=16680tableau=

lundi 23 novembre 2009

La lettre de Jean-Michel Guénassia aux lycéens (où il est aussi question de liberté...)



Editions Albin Michel





A toutes les lycéennes et à tous les lycéens

qui ont participé à la 22ème édition du Prix Goncourt des Lycéens









Ca a été une très belle aventure. Depuis le début. L'annonce que le roman était retenu dans la liste du Goncourt et puis, la tournée. Des rencontres avec des lycéens dans toute la France ! Quelque chose d'un peu mystérieux et énigmatique. Que va t-il se passer ? Va t-on être lâché dans la cage aux fauves ? On n'est pas très rassuré. Mais avant, il y a la rencontre avec les autres auteurs parce que nous ne nous connaissons pas ou peu ou mal, que nous avons, finalement, peu d'occasions de nous croiser, pris que nous sommes entre nos métiers, nos vies et l'écriture. Cette année, je me suis fait quelques amis. Ce n'est pas si fréquent. C'est même rare de nos jours. Maintenant, on se téléphone, on s'envoie des courriels et on se promet de se voir. Ensuite la rencontre avec les libraires des Fnac, sans qui rien ne serait possible. Qui se coupent en quatre, qui ne comptent ni leurs heures ni leur enthousiasme, ni leur plaisir et avec qui on parlerait des journées entières. Comme avec les professeurs. Il faut être un peu fou pour faire ce qu'ils font. Comme s'ils n'avaient pas assez de boulot avec les cours à préparer, les copies à corriger, les réunions et le reste. Non, il faut qu'ils lisent et fassent lire quatorze livres ! Qu'ils donnent encore un peu plus de force, de passion et de leur infinie patience. Et puis voila, le moment arrive de rentrer sur la piste. Un peu comme au cirque. On se retrouve face à quelques centaines de visages inconnus, aussi sur leurs gardes que nous. Beaucoup sont attentifs, ont préparé des feuilles avec des listes de questions (Mon dieu, est-ce que je vais savoir répondre ?), d'autres rigolent, roupillent ou se bécotent. Certains ont lu deux ou trois livres, d'autres plus. Ils devront lire en un temps record. Je ne sais pas comment ils vont faire. Je lis lentement. Et puis les questions commencent. Ca ne se passe pas si mal. Elles sont précises, drôles, pointues. Très vite, on oublie qui on est, qui vous êtes et on se parle. Comme des amis. Sans arrière-pensée. Toutes les réunions ont été trop courtes, on a tant de choses à se dire.



Je conserverai toute ma vie un souvenir extraordinaire de ces rencontres avec vous parce qu'à chaque réunion, il y a eu un moment exceptionnel, avec un auteur qui va chercher une réponse au fond de son coeur et, à ce moment-là, ça a été merveilleux. Je me souviendrai toujours d'Eric Fottorino et de Justine Lévy à Reims trouvant des mots d'une extraordinaire simplicité et d'une clarté bouleversante pour nous parler de leurs émotions et de leurs vécus (à ce moment, ils m'ont donné envie de lire leurs livres) ; de Sorj Chalandon à Nantes, soulevant la salle par son enthousiasme et à sa passion communicative et de Daniel Cordier à Paris, racontant son itinéraire et son évolution dans un silence de cathédrale puis les lycéens et la salle entière faisant une ovation debout à ce grand monsieur.

De mon côté, cela faisait longtemps, je ne me rappelle plus quand exactement, que je n'avais pas eu la chair de poule. Je ne suis pas près de l'oublier. Quand j'ai reçu un appel sur mon portable et que j'ai entendu la clameur à l'énoncé du prix. J'ai eu un grand frisson. Et une bouffée de chaleur. Je devais être rouge. La même émotion que Michel face à Camille. Merci à vous tous pour cette belle émotion, qui un court instant, m'a ramené quelques années en arrière quand je me liquéfiais dès qu'une fille me souriait. Quelle chance vous avez. Profitez-en. A ce moment aussi, pour la première fois, j'ai senti que ce livre que j'avais porté si longtemps venait de me quitter vraiment. Vous l'avez pris. Il est devenu le vôtre. Il vous appartient aujourd'hui. Vous l'avez choisi. Je ne peux pas, à cet instant, ne pas mesurer la difficulté du choix que vous avez eu à faire. La sélection, cette année, était belle. Si vous aviez donné ce prix à Davis Foenkinos, à Sorj Chalandon, à Delphine Le Vigan ou à Véronique Ovaldé, cela n'aurait pas été une injustice. Leurs romans sont beaux et forts.



Pour vous, cette aventure du Goncourt des Lycéens doit être un signe exemplaire de votre vie à venir. Vous avez accompli là un choix citoyen. Vous avez travaillé, réfléchi, discuté, pesé le pour et le contre et vous avez voté. Ca s'appelle la Démocratie. (On a dit que ce n'était pas le meilleur des systèmes mais on n'en a pas encore trouvé de meilleur). C'est notre bien le plus précieux. Ca veut dire être libre dans un pays libre. N'acceptez jamais d'entrave à ce droit. Personne n'a plus à vous dire ce en quoi vous devez croire, ce que vous devez penser ou aimer. Soyez des citoyens de ce vaste monde. Il en a bien besoin.



Pour ce que vous êtes, pour ce que vous ferez et pour ces moments magiques que nous avons partagé ensemble : Merci.











Jean-Michel Guenassia





                























22 rue Huyghens 75680 Paris Cedex 14 / Tel : 01 4279 10 00 / www.albin-michel.fr     

mardi 17 novembre 2009

Salon du livre de Guérande avec Björn Larsson

Quand j'ai su que Björn Larsson était président d'honneur de ce salon, les 20 et 21 novembre 2009, je me suis immédiatement inscrite sur le stand de l'AEB.
De lui, j'ai relu Le Cercle Celtique après mon voyage en Ecosse, avec la carte sous les yeux pour suivre la navigation du narrateur nomade de ce polar. Ambiance nordique garantie!
L'autre polar, La véritable histoire d'Inga Anderson mêle intrigue policière haletante et réflexion philosophique. On retrouve les thèmes présents dans l'essai Besoin de liberté. L'auteur s'interroge sur le propre de l'homme. Pour lui ce n'est pas seulement le langage mais la capacité à utiliser des symboles. J'ai relevé cette citation utile en ces temps où on somme les auteurs de s'auto-censurer, je parle des reproches faits par un certain député à Marie Ndiaye. On se croirait revenu aux dix-septième ou dix-huitième siècle, Voltaire, au secours!
" L'essence de la littérature c'est la liberté, la liberté d'imaginer que les choses ne sont pas forcément comme elles se présentent, que ce soit dans la réalité ou dans la langue. C'est pour cela qu'elle est dangereuse. La littérature, du moins celle qui est de qualité, met toujours l'ordre établi au défi. Quels que soient la société ou le régime politique." La véritable histoire d'Inga Anderson, p. 42.
Informations complémentaires sur: www.festivaldulivreenbretagne.com

samedi 7 novembre 2009

Salon du livre de Riantec le dimanche 15 novembre

Ce salon n'est plus à présenter, le thème de cette année est la littérature russe.
Je serai présente en compagnie de Valérie Rabin? Nous sommes toutes les deux dans le n° de Spered Gouez "Femmes en littérature". Valérie présentera son recueil paru chez Encres Vives.





mercredi 4 novembre 2009

Tempête d'équinoxe

Avec le nouvel an celtique arrivent les tempêtes d'équinoxe, le plaisir d'être happé par les rafales, de voir les goélands faire du surplace face au vent, les vagues exploser et déferler par-dessus la jetée de Kerroc'h...


La mer verdâtre bouillonne

explose en geysers sur le brise-lames

un seul oiseau contre le vent

un goéland aux ailes noires

essaie de se frayer un couloir.



Je me risque sur le promontoire

contre le vent je voudrais lutter

dans l'air je voudrais flotter

oui mais voilà…

le vent me renverse

et j' suis là

comme un goéland sans ailes

dans la tempête.



J' voudrais

tous les jours sur la page

donner la parole aux étoiles

dessiner le poème de leur visage

tracer le calligramme de leur âme

et vous offrir

autre chose que la vie banale et ses drames

que les peines de cœur

le travail et la sueur

que la douleur de nos vies qui s'usent

à avancer dans ce couloir gris

avec tous ces gens

qui ne disent jamais merci.



J' voudrais vous offrir autre chose

que les tristesses de la planète

que les souffrances des hommes et des bêtes

que ce spectacle quotidien

servi chaque soir aux citoyens.



J' voudrais vous offrir autre chose…

oui mais voilà

j' suis là

comme un goéland sans ailes

dans la tempête.



J'ai beau essayer

j'ai beau faire

convoquer tous mes amis poètes

ceux d'avant

ceux de maintenant

ceux de là-bas

ceux d'ici

comme eux je voudrais vous dire

les rochers granitiques

les poissons pélagiques

les voyages atlantiques

les musiques cosmiques

les particules microscopiques

les visions galactiques

les envolées lyriques

et les éveils pré-socratiques.



J' voudrais vous écrire un poème

oui mais voilà…

j' suis là

comme un goéland sans ailes

dans la tempête.



J'voudrais vous offrir la lumière

dessiner des lettres d'or

sur le front de vos vies

j' voudrais d'un simple coup d'aile

vous transporter

bien au-delà des grands trous noirs

au pays de l'aube éternelle

là où le vent joue de la harpe

avec les cheveux des étoiles.



J' voudrais vous écrire ce poème…

oui mais voilà

j'ai beau essayer

j'ai beau faire

battre des ailes sur la page…

je suis là

comme un goéland sans ailes

dans la tempête…

dimanche 1 novembre 2009

" Quand les livres s'ouvrent", une librairie qui lit et relie

Vendredi 30 octobre, Nicolas Syz et moi avons passé une soirée pleine d'émotion grâce à l'accueil de Philippe et Chantal, les libraires du 47 rue Maréchal Foch à Lorient. Nos hôtes avaient bien fait les choses: petites tables rondes, fauteuils, boissons, petits fours et un public gagné d'avance. Un couple est même venu spécialement de Groix pour écouter mes textes. Quel honneur!
Le concept mis au point par Philippe fonctionne à merveille : quelques textes, musique, puis pause où les personnes présentes peuvent intervenir et lire des textes du poète invité. Cela permet de créer des liens avec les écoutants et de ne pas lasser l'attention. Chantal et Philippe mènent le jeu avec discrétion mais une efficacité remarquable, on se  sent porté par leur attention bienveillante. Je craignais qu'une heure et demie de lecture et musique soit trop longue, en fait, nous n'avons pas vu le temps passer.



Quand les livres s'ouvrent : une librairie où on lit attentivement les auteurs invités et une librairie où on relie. Le verbe relier vient du latin "religere" qui a aussi donné "religion". Indépendamment de ce qu'on croit ou ne croit pas, la poésie aussi relie au monde, à un monde ouvert.
Le mois prochain, ce sera Guénane qui sera l'invitée d'une soirée poésie et musique pour son recueil Couleur femme, thème du printemps des poètes 2010.

vendredi 30 octobre 2009

A Poul Fetan en Quistinic


Mercredi 28 octobre, avec Nicolas Syz.

Je serai encore à Poul Fetan dimanche 2 novembre pour la clôture, avec Bruno Geneste et Dom Duff à 16 h.




jeudi 29 octobre 2009

"Ecrire, dit-elle", dans Spered gouez, une parmi 37

Voici ma modeste contribution à "la preuve par 37", comme l'a joliment écrit Jérôme Gazeau dans Ouest-France. Le deuxième texte est déjà sur le blog.  Je sollicite les 36 autres, envoyez-moi vos textes en commentaires pour que je puisse les publier.




Ecrire, dit-elle.


 

Faire comme si

c'était facile

encre rose et arabesques.


 

Mais oser

plonger dans les failles

creuser

farfouiller dans les broussailles

les entrailles

interroger les viscères

éviscérer les colères

exhumer les vieux sentiments

explorer les sédiments.

Et courir le risque

de rencontrer

un scarabée noir

une absence oubliée

une sœur effacée

une douleur enkystée.


 

Je préfère

parler aux pierres

contempler la mer amoureuse

la mouette hasardeuse.


 

Je préfère broder des mots bleus

sur le tissu blanc des chimères

tricoter la vie qui s'écoule

une maille à l'endroit

une maille à l'envers

la vie qui s'écoule

qui s'écoule

la vie qui…

la vie…






L'Esprit sauvage / Spered gouez: Femmes en littérature est sorti

Grâce au travail assidu de Marie-Josée Christien et du Centre Culturel Egin, le hors-série annoncé est sorti à temps pour le salon du livre de Carhaix. De la belle ouvrage, de haute tenue, et qui mérite d'être lu et diffusé au-delà de la Bretagne. Je l'aurai sur mon stand au salon du livre de Riantec le dimanche 15 novembre.



 


lundi 26 octobre 2009

Sorj Chalandon chante la blanche hermine

La légende de nos pères de Sorj Chalandon fait partie de la sélection de l'Académie Goncourt. J'ai été amenée à le lire puisqu'en tant que professeur de lettres, je fais participer ma classe au Prix Goncourt des lycéens. Je ne connaissais rien de l'auteur, j'avoue mes lacunes. A la lecture, j'ai été rapidement happée par la voix de l'auteur, une voix poétique, en filigrane entre les mots, une écriture de poète qui parle directement à l'esprit et au coeur. Voici un extrait, p. 58, qui touchera tous les cueilleurs de mots :
"Je marche parfois la nuit pour recueillir un mot. J'ai regardé le ciel au-dessus de la grand-place. Un ciel de juin avant l'orage. Je me suis demandé si je pouvais écrire le ciel sans autre mot que ciel. Comment décrire cet état de lumière. Comment approcher l'évident, le simple, des feuilles qui frissonnent.Parce qu'écrire "frissonner", c'est déjà s'éloigner de la feuille. Elles ne frissonnent pas, les feuilles. Elles font autre chose que ce qu'en dit le vent. Elles ne bougent pas, ne remuent pas, ne palpitent pas, elles feuillent, elles font leur bruit sans autre mot, et le ciel, il nuage."
Je n'en dis pas plus sur le livre, on trouve suffisamment de commentaires et de vidéos sur internet. Je n'ai qu'un conseil à donner : lisez-le!
Le 16 octobre, me voilà à Nantes avec mes élèves et bien d'autres pour rencontrer quatre auteurs, dont Sorj Chalandon. Il "entre en scène", si on peut dire, en chantant "la blanche hermine" de Gilles Servat. Surprise et émotion! On est loin du microcosme culturel parisien auquel nos sommes trop habitués. Et ses réponses aux questions des élèves furent d'une sincérité telle que l'émotion l'a envahi, visiblement incontrôlée, jusqu'aux larmes, émotion vécue à l'unisson par trois-cents jeunes et quelques adultes (dont moi!).
Plus tard, j'ai compris, une partie de son coeur est en Irlande où il était envoyé spécial, une partie de sa vie, une grande douleur, qu'il évoque dans son précédent roman, Mon traitre.
Merci Sorj pour ce grand moment d'humanité et de poésie!